Ca vient de se passer... Arrêtez de parler, merde, mais taisez-vous !
Un anniversaire comme celui là, ça se fête en haut de gamme ! (20ans), rendez-vous compte... V'oui, je suis comme ça, aussi.
Ou alors, le petit bistro sympa. avec cuisine bourgeoise, la vraie : le boeuf en daube qui se mijote avec sa carotte et son trognon de céleri, pendant des heures dans sa terrine couverte dans le four à mi-chaleur. La blanquette (Chaque morceau frotté avec du citron pour se garder sa blancheur.) Et sans jamais avoir entendu parler de l'oncle Ben's, voyez !
Mais les grandes occasions, alors là, faut que ça en jette ! Pantacourt gris clair avec discrètes fantaisies sur les cotés, petit haut blanc avec des roses en boutons cramoisies, décolleté limite autorisé et sandales à moyen talons. (Plus haut, non madame j'ne peux plus: comprenez, que durant des années, mes chaussures je les ai choisies avec ma tête, alors que ce sont mes pieds que je mettais dedans !)
Bref, l'homme arbore un polo super classe, griffé. Une grande première, habituellement, il ne porte que des chemises, dont la seule différence se trouve dans la longueur des manches !
Nos cantines des grands moments s'appellent, les Tonnelles, le Manoir, le Bémol ; l'été, le Bémol c'est un rêve ! Entouré de verdure sur deux cotés, un golf sur un autre, le tout à l'avenant. On y mange superbe !
Nos petites sorties, en général, se font le samedi. Mais un anniversaire se doit être souhaité, dans la limite du possible, le jour < J >, n'est-ce pas ?
Donc, je téléphone pour réserver, (Justement, c'était jusqu'ici notre jour de fermeture, mais à présent nous sommes ouverts...) Parfait, je donne mon nom. Elle se souvient de nous et elle est contente, moi aussi, on se raccroche enchantées l'une de l'autre.
Il fait un temps magnifique, même chaud chaud, 35°, le ciel est bleu, les golfeurs remisent leur machin tordu dans le coffre de leur voiture, nous avançons. Une pancarte accrochée à une poignée de porte demande à se que l'on passe par derrière. Comme la terrasse est ouverte la chose est normale. Nous contournons, tentons de passer la première entrée et l'homme qui s'apprête à ouvrir, accueilli par une serpillière menaçante, vu qu'elle est perchée au bout d'un balai, fait un bond de carpe en arrière, me heurte involontairement et me pousse contre l'arête tranchante d'une andouille de bac à fleurs.
Nous sommes les premiers, (C'est mouillé, faut passer par la porte d'à coté.) Tiens je ne savais pas que je connaissais le polonais, quand il est jeté , comme dans le temps, tel un os à un toutou ! Nous obtempérons, et là second barrage...
Cette fois, il s'agit d'un grand frisé d'environ deux mètres et quelques, bâti comme un taureau, qui étend les bras. (Genre, halte là, halte là, les montagnards, les montagnards sont là.) pour nous interdire de pénétrer.
Puis, il fait un signe de son buffle, pardon, menton, pour nous indiquer la terrasse où les couverts sont mis. Sous des parasols, certes,mais il fait quand même 35° degré par
dessus ! Je proteste, mais ma voix est couverte par un accent à couper au couteau, pas désagréable en soi, si l'on y posait des mots au milieu ! Ce n'est pas le cas. A force de tendre l'oreille nous finissons par comprendre, .... juste le plat du jour, melon au jambon, lasagne, et tiramisu, seize euros tout compris, çaaaaaaa et rien d'autre !,,, C'est déjà assez que l'on ouvre maintenant le jour de fermeture !
Grande andouille, va ! Je ne l'ai pas demandé, pensais-je de plus en plus irritée ! Mais je ne suis pas venue pour faire des histoires un jour comme celui-là !
L'homme me regarde avec un demi-sourire. Il sait que mon calme n'est qu'apparient. Que dans moins de quelques secondes, si je n'arrive pas à placer un mot, la fumée va me sortir par les oreilles : déjà, que des jets niveaux tempête jaillissent des naseaux, pardon du nez, du grand frisé, on va bientôt ne plus rien voir alentours ! Mais il continue, s'enflamme...
Ça ne manque pas, je me saisis d'une assiette et la lève à mi-hauteur. Le taureau, vocifère tellement, qu'il ne me voit pas. Un jeune serveur tente d'intervenir. Miracle,, le granf frisé se tait pour reprendre du souffle. J'en profite pour demander : Où est la patronne, la personne qui a prit ma réservation ?
Et il repart. (Elle n'est pas là les jours d'ancienne fermeture. Je la remplace. Vous n'avez qu'à partir et revenir un autre jour.)
Rhâaaaaaaaaaa, je hurle en laissant tomber l'assiette, qui ne se casse pas, grâce je crois, à un spectaculaire roulé-boulé du serveur qui de mon avis devrait vite nous trouvé un drap rouge.
L'homme s'est croisé les bras sur son beau polo griffé. Visiblement, il s'amuse comme tout ! Je continue : Allez-vous cesser de parler, la fermer en somme ? Enfin, c'est mon tour maintenant ! (Je vois le moment où je fais être obligé de me saisir de fourchette en guise de banderille : normalement je suis tout à fait contre ces usages là. mais là, il y a urgence. A moins de le prendre par l'anneau qu'il doit avoir normalement dans le nez et de tourner trois tours ?
L'homme me prend par la main et m'entraîne en secouant la tête. Il sait mes colères, lorsqu'elles sont justifiées. On ne se voit pas tous les jours... et c'est notre anniversaire. Nous sommes allés déjeuner au Manoir...
J'ai un bleu, en dessous du genou.
Nous retrouverons Al WSeeler demain. Je vous embrasse mes amis. Et n'oubliez pas vos com, et votez Weborama Merci.

Publicité