Un Polar à l'ancienne, avec Al Weeler. Suite n° 21)

Publié le par Nettoue


Le cochon qui rêvasse.

En quittant le chantier le lieutenant, trouve madame Stevenson ressemblant à un steak tartare ! Son mari la rossé avant de prendre tout l'argent disponible dans la maison et de prendre la fuite. Elle s'aperçoit dès le lendemain qu'il a aussi vidé leur compte en banque. Elle n'est pas vraiment enchantée de le revoir...

-- Ça vous ennuierait si j'entrais un instant vous parler ?
-- Beaucoup, mais ce n'est pas ça qui va vous arrêter ?
Elle se dirige vers le living-room d'urne démarche raide et précautionneuse, et( prend le verre qu'elle était sans doute en train de se servir quand je suis arrivé.
-- Qui êtes-vous, d'ailleurs ? demande-t-elle. J'ai failli tomber raide quand Clyde s'est amené en vociférant après votre départ et m'a demandé ce qu'un flic pouvait bien foutre ici.
-- Je suis un flic, j'explique obligeamment. Lieutenant Weeler.
-- Je vais la traîner  en justice, cette foutue agence ! dit-elle avec emportement. C'est eux qui son responsables de ce coup fourré. A m'annoncer que leur agent, Petrie, voulait me voir. Comment se fait-il qu'ils se soient prêtés à ce jeu ? Je vais également porter plainte contre vous. Pour usurpation d'identité et tout le reste. Il doit bien y avoir des lois pour se protéger d'individus de votre espèce.
Elle a oublié ses bonnes manières, mais elle souffre, je me rappelle avec indulgence. Je m'efforce donc de la mettre à l'aise en me préparant un verre.
-- Qui vous a dit de vous servir de mon alcool ? braille-t-elle.
-- Vous n'allez ni porter plainte ne faire quoi que ce soit, madame Stevenson, je réplique tranquillement. Vous avez toujours été au courant des activités de votre mari et de la façon dont il gagnait sa vie, n'est-ce pas ?
-- Je ne sais pas de quoi vous voulez parler !
-- Tout ce que vous vouliez de l'agence, c'étaient des preuves. La seule chose qui m'intrigue, c'est votre raison. Vous aviez peur qu'il vous plaque un jour ou l'autre ?
-- Clyde est représentant de commerce, déclare-elle d'un air têtu, et c'est tout ce que je sais de lui.
-- Il vend des rêves, c'est un entremetteur. Il doit avoir un véritable don pour dénicher les gens obsédés de rêves sordides. Dégueulasses, sinistres, rien d'original, pas vrai ? Des rêves furtifs, les femmes, l'alcool, la drogue, la satisfaction de leurs fantasmes secrets et inavouables. Ils créent la demande et votre mari est là pour la satisfaire.
-- Vous avez complètement perdu l'esprit, lieutenant !
-- J'ai bavardé avec deux putains en début d'après-midi. Des putains de haut vol, la grande classe, qui sont venues de Los Angeles s'installer ici. Elles n'étaient pas là depuis une semaine que votre mari est venu les trouver. Elles l'ont pris pour un miché. Alors elles ont couchés avec, et ensuite il a refusé de payer. Il a dit qu'il était venu essayer la marchandise. Et à partir de ce moment, elle n'ont plus travaillé pratiquement que pour lui. Je pourrais vous en raconter bien davantage sur votre mari, mais ça risque de vous raser, puisque vous êtes déjà au courant.
Elle est devenu blanche comme un linge et sa peau s'est tirée sur l'ossature de son visage, lui donnant brusquement l'air vieux.
-- Asseyez-vous donc, madame Stevenson, je lui suggère, vous avez l'air fatiguée.
-- Je ne peux pas ! dit-elle d'une voix chevrotante, j'ai trop mal aux fesses pour m'asseoir !
-- Vous saviez ce qu'il était et ce qu'il faisait, je reprends patiemment. Vous vous foutiez pas mal du nombres d'autres femmes qu'il pouvait avoir, à condition qu'il n'en trouve pas une plus séduisante que vous et décide de vous laisser choir. Alors vous avez engagé des détectives privés pour vous renseigner sur son compte, prétextant que vous le soupçonniez de vous tromper. Ce que vous vouliez, en fait, c'était une preuve tangible du genre de boulot qu'il faisait, les noms et les adresses de certains de ses clients. Comme ça, si jamais  il faisait mine de vous plaquer, vous pourriez le menacer de le dénoncer à la police avec preuve à l'appui. C'est ça ?
-- Oui, c'est ça, déclare-t-elle avec lassitude. Qu'est-ce que ça peut foutre maintenant ? Il s'est taillé de toute façon.
-- Où ?
-- Comment je saurais, bon Dieu ?
-- Réfléchissez, j'insiste froidement. Il a embarqué" votre argent, pas vrai ?
Elle avale une gorgée de son verre et je vois les rouages de sa cervelle se mettre en mouvement.
-- Qu'est-ce que vous avez découvert à son sujet jusqu'à présent, lieutenant ? demande-t-elle enfin.
-- Suffisamment pour intéresser le District Attorney. Pourquoi ?
-- Il s'est imaginé que je renseignais les flics. C'est pour ça qu'il m'a flanqué une volée et qu'il a foutu le camp, en prenant l'argent qu'il pouvait trouver ici. Mais il ne savait pas que j'avais engagé des détectives privés pour le suivre. Il a dû se dire que je vous avais simplement fait part de mes soupçons sur ses moyens d'existence. Étant donné la façon dont l'esprit de Clyde fonctionne, il pense qu'il lui reste encore un peu de temps. Un ou deux jours, par exemple.
-- Pour aller ramasser l'argent qu'on lui doit ou gagner se qu'il peut pendant les deux jours à venir. C'est possible, en effet.Vous ne voyez pas où il pourrait être ?
Elle secoue la tête.
-- Je regrette bien, d'ailleurs. Je voudrais que vous le retrouviez avant qu'il ait claqué tout le fric ?
-- Et moi j'aimerais le retrouver avant qu'il ait quitté Pin City.
Vous permettez que je donne un coup de fil ?
-- Allez-y.
J'appelle le bureau et tombe sur Annabelle Jackson. Sa douce voix à l'accent traînant évoque pour moi, comme toujours, un magnolia en fleurs et une nuit de velours.
-- Le shérif est rentré chez-lui, mon chou, dit-elle,  et il est vraiment furieux contre vous. Un autre homicide et il a fallu qu'il attende Ed Sanger pour avoir des détails.
-- Je suis bien content qu'il ne soit plus là. A part ça, que s'est-il passé d'excitant au bureau aujourd'hui ?
-- Vous avez tout loupé, dit-elle. Je porte mon nouveau corsage transparent.
--Je peux imaginez tous les détails, mais ça n'est pas pareil !
-- J'essayais seulement de ranimer la petite flamme vacillante qui vous habite encore. Un certain Petrie vous a demandé. Il dit qu'il faut que vous le contactiez d'urgence. Il a laissé un numéro où vous pouvez le joindre. Vous le voulez ?
-- Bien sur, dis-je, et je l'inscris. Merci Annabelle.
-- Doc Murphy a apporté le rapport d'autopsie sur cette fille il y a environ dis minutes. J'étais en train de le lire. Pas agréable, comme lecture, Al.
-- En effet, au revoir Annabelle.
Je compose ensuite le numéro qu'elle m'a donné et Petrie décroche à la deuxième sonnerie.
-- Weeler, j'annonce.
-- J'ai appris par la radio, dans ma voiture, dit-il d'une voix étranglée. Pour Julie Trent. Seigneur Dieu !
-- Et alors ?
-- J'ai beaucoup réfléchi et j'ai une ou deux idées qui pourraient vous être utile. Vous pouvez m'accorder un quart d'heure ?
-- Pas tout de suite. Plus tard.
-- Quand ?
Ma montre indique six heures.
-- Dans deux heures. Plus tôt peut-être.
-- Vous m'appellerez ?
-- Je vous appellerai;
Je raccroche et constate que madame Stevenson est occupée à se préparer un autre verre.
-- Il faut que je file, dis-je. Merci pour le téléphone.
-- Pas de quoi. Quand à moi, quand vous le trouverez, j'espère que vous le tuerez ce fornicateur dégueulasse !...

Carter Brown, présenté par Nettoue. Nous retrouverons Al Weeler Samedi, mes amis. Et n'oubliez pas vos com. et votez Weborama; Merci




Publicité

Publié dans entre parenthèse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
D
J'ai un peu de retard, mais je ne perds pas le fil de l'histoire...Bisous
Répondre
N
<br /> Merci Didier, encore trois suites je pense, avant le denouement.<br /> Bisous<br /> <br /> <br />
M
tro classe la foto t tro cool merci pour tes commentaires sur mon blog !!!
Répondre
N
<br /> Je suis heureuse que cela te plaise. bisous<br /> <br /> <br />
G
Nettoue,Je te souhaite une belle journée ensoleillé là bas dans l'Est  !!!!
Répondre
S
<br /> Je te souhaite tout plein de chposes agrébles également et je t'embra<br /> <br /> <br />
M
On dirait du Chandler, tu as raison de dire "à l'ancienne". Moi j'adore! Je venais aux nouvelles, tu m'as l'air sortie de déconstruction! bisous à toi, soeurette
Répondre
N
<br /> Elle a duré neuf jours ma soeurette et cela fait plus de quinze jours que je me sens à nouveau moi-même ! Comment vont mes neveux ? Je vous embrasse<br /> <br /> <br />
N
Je trouve tes dialogues excellents, Nettoue! C'est pourtant un exercice difficile, bravo!Gros bisousNicky
Répondre
N
<br /> J'aime, cela aère beaucoup les textes. Merci Nickysa de ton apprèciation,j c'est gentil.<br /> Je t'embrasse<br /> <br /> <br />