Je sais, que je n'oublierai jamais...
Celui que je n'oublierai jamais, je l'ai rencontré place St-Michel, mon lieu de prédilection entre tous ! J'en aimais son petit monde grouillant, avançant sans y penser, sans voir,vraiment, les yeux perdus dans son ailleurs personnel !
J'aimais les quais, tout proches, bordant la Seine...Je me revois, en effleurant la surface, d'une main que je retrouvais sâle, mais heureuse !
J'aimais ses bouquinistes, aux négoces accrochés aux parapets, d'un pittoresque, voulu, sans doute, mais empli de rien et de touts, merveilleux : Un vieux pastel, un cadre ancien, des chansons aux paroles et musique, imprimées sur du papier fané avec les photos de Tino Rossi, à ses débuts, de la dame Fréhel, de Josèphine Baker...
Des artistes fauchés, te proposait de faire ton portrait en trois coups de crayon, d'autres de t'emmener diner, en souriant, sans y croire... Je regardais l'eau promener ses bateaux-mouches, les tours de Notre Dame, fendre le lointain, de leurs lignes pures où s'accrochaient les gargouilles...
Ce jour là, je traversais la place, portant des chaussures découvertes, il faisait le chaud d'un beau mois de juillet.... Et c'était, il y a une vingtaine d'années, un temps où j'allais à Paris, souvent dans le cadre de mon travail. Mon job, s'était le monde de la mode... Un grand magasin à Mulhouse, et la supervision de plusieurs éparpillés dans l'est et le Nord de la France.
Dans la capitale, j'y allais voir les collections, et fréquentais beaucoup, la rue du Sentier, pour les achats < coups de coeur >...
En avance pour retrouver un homme, qui m'étais proche,, je flânais... Et puis, j'ai marché sur un morceau de verre, caché sous les papiers qui jonchais le sol. Le sang à giclé ! et ne sentant pas encore, la douleur, je l'ai regardé bêtement se répandre dans la poussière... J'ai dù titubé, un peu, à peine, vaguement effrayé !
Et tout ce monde, à l'habitude indiffèrente, ce monde en dehors de toi, de ta présente déroute.
Et puis, il arriva,avec ses cheveux hirsutes lui tombants au milieu du dos, à peine retenu sur le front par un bandeau noir... Il venait de se détacher du groupe de hippies agglutinés autour de la fontaine qui baignaient les pieds de son archange, depuis cent mille ans.
Des coquillages reliès les uns aux autres, entremêlés de dents percées, souvenirs attrapés au long de marche de vie au jour le jour... lui entouraient le cou.
Il arracha le bandeau noir et se mit à genoux pour éponger mon sang. Puis il m'entoura de ses bras, et m'emmena , à la fontaine, où il se mit en devoir de continuer, encore et encore, à nettoyer le sang qui ruisselait . De temps à autre, il relevait le tête et me réconfortait d'un sourire..
De lui, je ne voyais alors qu'un regard vert, très beau, et à nouveau sa somptueuse chevelure bouclée. j'avais envie d'y enfouir mes doigts comme ça, simplement, parce-que cet instant était la parenthése absolue.
Par des mots que je ne compris pas, mais que mon coeur entendit, il me demanda d'attendre quelques minutes assise avec ses amis.
Quand il revint, il avait des pansements et du désinfectant dans ses grandes mains brunes. Il nettoya ensuite, ma chaussure et m'aida à me relever... Lorsque j'ai voulu, lui donner de l'argent, pour au moins rembourser sa dépense, il recula...
Le coeur au bord des lèvres, j'ai tendu la main, alors, il m'a demandé de l'embrasser: Sa bouche était tiède sur la mienne au gout salé de larmes. Chaste baiser de presque enfant, baiser hors du temps !
Ensuite, en songeant qu'il venait sans doute, de se démunir, pour moi, de ses repas du lendemain, j'ai réussi à glisser un billet de 50 francs dans la poche de sa chemise en coton indien.
On s'est dit au revoir, car celui que j'attendais arrivait... Il s'est encore approché de moi, m'a embrassé à nouveau... est parti ! Je pleurais et ce n'était pas du, à la douleur de ma coupure, si profonde fut-elle !
Le soir dans ma chambre d'hotel, j'ai retrouvé le billet froissé enfoui dans mon sac de cuir blanc tréssé... Je l'ai gardé...
il y a longtemps , de cela, ce fut un temps de vie si court., j'y reviens en pensée les jours où, ses choses ne vont pas aussi bien que ça !
A demain mes ami(es), merci de votre fidélité et n'oubliez (Et Op, un p'tit com pour Nettoue)
Réédition pour cause de petits ennuis passagers, puisque je ferai les visites habituelles et toujours avec le même plaisir.. Je ne crois pas à la tendresse ou à l'amitié virtuelle. Je crois que vous, ma grande famille de blogueurs, que je fini par connaître assez bien, êtes vraiment mes amis ! Je me réjouis souvent de vos joies et ai mal de vos peines et de vos soucis.
J'ai choisi cette réédition là parce-qu'elle m'à été souvent demandé, et aussi, je l'avoue parce-que ce souvenir me fais toujours très chaud au coeur.