Je me suis laissée dire.. Le Garde champêtre !

Il se pouvait appeler aussi Tambour ou Citoyen messager : tambour, j'aime bien le mot. Il donne du relief à la fonction et n'en joue pas qui veut....
Pour commencer, il faut savoir s'agiter la baguette et se réussir le rataplan. Parce-que la musique d'un tambour se fait avec des roulements nuancés selon les cas, et avec un savoir-faire du poignet n'ayant d'égal, que celui du pizzaiolo, se tournant sa pâte à bout de gras, pour l'écraser en galette !
Et puis, l'idée d'être averti des grands moments de la commune ou du bourg par de la musique, y compris par roulements parle au coeur plus directement que par les journaux distribués par les camionnettes jaunes de la poste.
Ensuite, bien qu'en sabots le Garde-champêtre n'en porte pas moins un képi à visière astiqué avec le coude,soigneusement chaque matin de manière à y décoller les chiures de mouche, ne possédant aucun savoir-vivre ! (Car on a beau dire, mais chier sur la visière d'une casquette de Citoyen messager n'est pas poli.) Il porte aussi, mais cela fait partie de se qu'il devrait faire et ne fais pas toujours, un uniforme bleu-marine , à larges rayures rouges verticales de chaque coté du pantalon. Souvent, savoir l'habit suspendu dans la penderie lui donne un maintien suffisant, et la biaude de tous les jours se portant moins rigide le roulement s'en ressent : Plus léger, plus harmonieux, plus poétique.
La casquette à visière et les sabots faisant le reste.
Le port des moustaches n'est pas obligatoire mais recommandé. D'ailleurs, ce fut la mode à l'époque et se les lisser avant de se prendre la baguette en main laissait le temps de s'éclaircir la gorge, avant de se commencer les roulades. Puis de se saisir du papier froissé par l'émotion, mis dans la poche la veille après en avoir saisit le sens sur le vieux dictionnaire de la mairie.
Bref, celui-ci s'appelle Maxime, mais depuis des décennies ceux qui l'ont précédés ont été des personnages tout aussi pittoresques qui mettaient en joie jusqu'aux plus grincheux.
Par tous les temps, les Maxime d'alors ou d'avant arpentaient les chemins et les sentiers pour arriver aux fermes les plus isolées.
Bien souvent, surtout les jours d'intenses labeurs aux champs, les nouvelles du pays ne venaient que par les Citoyens messagers : quelques roulades pour celles de moindres importances et le grand jeu selon le degré de gravité évalué pour les autres.
Les enfants le suivaient de loin car il était un personnage important, pensez, les nouvelles venaient d'ailleurs et il les connaissait avant les gens d'alentours !
Oyez, oyez, braves gens, criait-il en sortant l'objet magique de son baudrier. Avissss à la population. Il m'a été demandé par l'autorité représenté par monsieur le Maire, de vous faire savoir se dont je vais vous parler. (Les enfant qui l'avaient suivi se poussaient des coudes pour se trouver en bonne place et dans l'espoir qu'allaient suivre des choses ne les regardant pas.) Venaient donc les nouvelles : Un incendie, un mariage, un baptême le jour même de la fête de la cochonnaille, un décès, la vache de l'Armand qu'avait fait deux veaux, et pour finir l'incontournable avertissement:
< Par arrêté en date du 30 janvier 1904, le citoyen que je suis, se doit de vous rappelez la chose suivante. A savoir, que le repos hebdomadaire du jour du Seigneur se doit d'être parfaitement respecté par les ménages ! Et surtout, et z'écoutez attentivement, qu'aucun propos ou exercice galant, devoir conjugale compris ne se doit être exécuté les dimanches et jours fériés >
Comme chaque semaine, rien ne cassait l'immuable de cet avis. L'on en chuchotait bien sur et lorqu'arrivait la menace. (Tous contrevenants sera puni par la loi.) Les exclamations fusaient... mais dis-moi mon Maxime, c'est-y qu'tu va v'nir tenir la chandelle pour vérifier ? Certaines femmes ajoutaient : Au lieu de raconter des bajoteries, tu f'rait mieux de prendre femme..
Oui, s'était un homme important le Tambour. Il était celui que l'on attend pour savoir. Le lien entre l'un peu plus loin et le tout près ! Le savant qui retenait les beaux mots appris le soir pour le discours du lendemain. Des mots jetés aux quatre coins du village qui en gardait l'écho. Et puis, même s'il savait les choses qui se faisaient sous les édredons de plumes, les jours où l'on aurait pas du, jamais il n'en parlait à quiconque, le Maxime !
Nous retrouverons Al Weeler le jeudi 14 mai.. Je vous embrasse mes amis, et pensez aux petits com et votez le < Panier du chaton > Merc

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