Mais où sont donc passées, les PTT d'autrefois ?

Vous savez, ce vieux service dont on disait être le plus fiable de tous ! Celui qui, avec de petits moyens et beaucoup d'efficacité posait les courriers à l'heure dans nos boites à lettres !
Celui, qui employait des personnes comme madame Boll, laquelle se faisait en vélo chaque jour, et par tous les temps, dix kilomètres aller retour, pour porter le courrier à mes parents habitant en dehors de la ville de Besançon ?
Je la connaissais bien, madame Boll, j'avais été à l'école primaire avec son fils, qu'elle avait eu la malencontreuse idée d'appeler Guy !
Elle portait toujours une grande cape bleue marine râpée jaunâtre, qui lui couvrait le guidon et les pédales de sa bicyclette. Parfois, même les franges du bas se coinçaient dans le pédalier, se qui faisait, qu'elle se devait pencher alternativement, de gauche à droite à chaque tour de roue, pour se préserver l'équilibre !
Bref, que je vous raconte.... Il y a quelques jours, j'avais une lettre urgente à poster, principalement pour moi. (Une facture payée in-extrémis par chèque)
Il y a bien, un machin jaune ayant subi pas mal d'intempéries, y comprises la tempête de 1999, accroché à un pilier à quinze mètres de chez-moi, mais par égard pour notre factrice, nous ne l'utilisons guère. Dame, il sert surtout aux enfants nés de parents écologistes, qui y glissent leurs bâtonnets de glace, papiers de bonbons, chewing-gum mâchouillé, voir des préservatifs usagés. (C'est mieux que de jeter tout ça dans la rue !)
Donc, je saute dans ma super-cinq, que j'appelle ma < Sitram >, parce-que c'est une bonne marque de casseroles. Il fait trop chaud pour emmener Scarlett et je suis pressée
Je me gare à proximité de mon bureau de poste, lequel ouvre dans vingts minutes. Mais comme à coté de sa porte d'entrée, il y a un autre machin jaune collé au mur, bon il lui manque le clapet, mais ne chipotons pas.
Je glisse ma lettre dans sa fente, et pof, elle me retombe sur le pied. Je la ramasse, la rentre à nouveau dans la fente, il m'en retombe une sur chaque pied, que merdasse ! Il y a du mystère dans l'air.
Je m'approche, risque un oeil à l'intérieur pour voir si je n'y aperçois pas un ressort ? Non, mais des lettres pèle mêle et visiblement là depuis un bon moment.... Pas le temps d'attendre je presse sur le tas, il ne plie pas.
Un monsieur qui m'observait depuis l'autre coté de la rue s'approche : J'ai essayé aussi, me dit-il. Elle est pleine ! Alors j'attends l'ouverture du bureau... Je proteste, ce n'est pas possible ! Pas dans cette petite agglomération, ce n'est jamais arrivé, la boite est relevée tous les jours, surtout là voyons ...
Une autre personne arrive une lettre à la main. On sympathise, lui explique, elle est aussi éffarée que moi, et s'exclame : Ce serait du jamais vu voyons !
Un homme se penche à sa portière, ça lui est égal il n'a pas de timbre et doit attendre de toute façon.
La porte du bureau de poste s'ouvre, nous entrons à la queue.. leu... leu, J'explique le cas : Cette boite, n'a pas été relevée depuis plusieurs jours, dis-je à des inconnues, car mes copines postières sont en vacances. (Je vais voir le chef, propose une accorte personne.)
Le chef arrive, il aurait tout aussi bien pu rester au frais dans son bureau à lire son <Play-boy >, car c'est un service spécial qui fait le ramassage tous les jours aux environs de quinze heures. (Ca, je le sais, c'est inscrit sur le machin jaune.), Et ajoute-t-il, comme on ne se sert jamais des clefs, on ne sait même pas où elles sont ????
Je demande : Mais la boite intérieur,(Je la lui montre au cas ou il n'aurait jamais eu la curiosité de chercher où elle se trouve.), Celle où je glisse habituellement mon courrier qui tombe ensuite dans une corbeille a linge en plastique ?
Elle a été vidée, me répond-il, pressé de retourner à la page centrale de son magazine.
Je demande à une préposée le numéro du centre de tri de Mulhouse qui est aussi celui du ramassage.Une dame gentillette me répond : Vous savez, nous n'avons presque que des stagiaires remplaçants. Tous le monde veut ses vacances en même temps ! Nous ne savons plus où donner de la tête. Faut comprendre... Je vais faire le nécessaire.... J'insiste : Quand ?
Tout de suite ! ... Bon, je suis sur place, j'attends ! ... Mais ?... J'attends !
J'attends donc, une demi-heure, de toutes façons il est l'heure de la relève. Une fourgonnette arrive. Il doit avoir une petite vingtaine, porte de vieilles baskets assez sales, et un jean's rapiécé exprès. On se dévisage, il hésite, j'ai envie de rire, il le remarque et se marre aussi.Je lui demande : (Ce remplacement vous le faites depuis quand ?)... Trois jours, mais j'vous jure, je ne pensais pas qu'avec une boite à lettre dedans, il y en avais aussi une dehors... !
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