Je me suis laissé dire...Le Chaumier-Pailleur, un métier qui sent si bon !

Publié le par Nettoue



Le Chaumier se porte son savoir, dans la tête, depuis le temps des gaulois : les ancêtres de Barnabé ont peut-être même pu, rencontrer Astérix.
Aucun savant ou auteur de  livres, ne peut se vanter de pouvoir expliquer leur manière de faire, sans avoir mis lui-même la main à la pâte !

Le métier de Chaumier ne s'apprend pas, il se devine. Il naît dans la tête et se pose dans les mains des hommes par l'exemple de leurs pères et grands-père... C'est un métier qui se mérite, puisqu'il vient au secours des toitures en détresses et de ceux qui en pâtissent, s'ils se réveillent l'édredon de plumes trempé, suite à un orage venteux ou simplement, à l'usure des années.

Il n'est pas que cela ! Oh ! Non, il est aussi un métier de créateur et d'artiste, aux mains puissantes attachés à des épaules ne redoutant pas les lourdes charges, de pailles de seigle, de blé et de gruau.

Cette tradition s'est poursuivie jusqu'au Moyen-âge : Le progrès amenant l'utilisation des tuiles et de l'ardoise dans les grandes cités, mais pas dans les campagnes où elle perdura longtemps. (J'ai eu l'occasion d'en admirer en vagabondant dans des petits chemins reliant la Normandie à la Bretagne, et j'ai vu là de pures merveilles !). Ce fut sans doute à cette époque que les citadins oublieux et dépourvu d'imagination, parlèrent de " Chaumière "

Aujourd'hui, le Barnabé, pose une couverture neuve chez la Philomène, qui du bas de l'échelle, aide à passer les bottres aidée de son voisin. Il avait fallu les préparer la veille pour en couper et egrèner les extrémitées, afin que rien n'attira les souris et les petits rats.

Le Chaumier se prends la paille et l'étale sur soixante-dix centimètres. Puis, il y dispose une branche solide, ensuite, il traverse la paille avec une aiguille de bois, enserre une des traverse de la charpente et remonte le lien en faisant un noeud autour de la branche. Procédant ainsi, le rang de chaume est retenu par la branche unie à la charpente avec le lien tressé. Il est fait en même temps une pente douce et régulière pour permettre à l'eau de s'écouler.

L'opération est répétée de la bordure du toit en allant vers le haut, et chaque rang ajouté chevauche le précédent d'un bon tiers.
Terminée la toiture se veut une épaisseur d'une quarantaine de centimètres.

L'ouvrage terminé, la Philomène invite le Chaumier à se venir restaurer. Dès qu'ils pénètrent dans la vaste cuisine où le feu de la cheminée fait danser des rayons ensoleillés sous la toiture, une bonne odeur empli les narines de senteurs de moissons.

Le lendemain, le Barnabé reprendra sa route, en emmenant un matériel si spécifique, qu'il se doit le fabriquer lui-même. Il partira alors, pour plus loin, pour ailleurs, à la recherche de paysans ayant un toit à changer ou à réparer.
Demain, seulement, car ce soir, il s'en va partager le lit à barreaux de cuivre de celle dont il espère bien faire son épouse. Dans le village tout le monde le sait, mais fait semblant de croire qu'il se contente de la grange.

Et ce soir encore, après le repas de soupe au lard, de pain et de fromage, des amis viendront boire le " gratto ", du pays en grignotant quelques noix ou pommes, pendant que le Ferdinand, dès qu'il aura bu un ou deux petits coups, racontera une histoire de bien d'cheu-nous.

C'est un gars d'la ville au volant de son " Hamilcar ", toute neuve et qui sans l'faire exprès vient d'écraser le coq qui passait au ras de ses roues. Désolé, le conducteur prend l'bestiau et le rapporte au paysan.
-- Je ne l'ai pas fais expres ... heu, monsieur. Mais je tiens absolument à le remplacer ! Le paysan le regarde sans rien dire, puis hoche la tête.
-- Puisque t'es de si bonne volonté mon p'tiot, les poules sont là-bas. J'te laisse faire...

A demain,  mes amis. Merci de passer me voir... Et n'oubliez pas vos com et votez Weborama.




Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
R
Trop drôle, l'histoire sur le coq...Pour le chaume, je connais, ayant vécu en bretagne, et visité quelques chaumières..Merci pour cet article sur un de ces métiers qui se perd Nettoue. 
Répondre
N
<br /> Peut-être qu'avec la mode écologique, il reviendra ?<br /> Bisous Renard<br /> <br /> <br />
P
Photo  plus  que  symbolique.....la  femme :   manoeuvre  la  journée  ,  cuisinière  le  soir  ,  servait  le  repas  a  son époux  ,  et  pendant  qu'il  s'en  allait  au  lit ,  elle n'oubliait  pas  de  faire la  vaisselle  ,  ranger  ,  balayer  , voir  ,  préparer  le  repas  du  lendemain..........c'était  le  bon  temps  parait-il......pour  elle....?  bisous  ,  pierre .
Répondre
N
<br /> De belles photos de beau métiers d'autrefois...<br /> Bonne fin de semaine cher Pierret bisous<br /> <br /> <br />
P
l'humour  paysan  est   une  régalade.....heu.......une  rigolade......!  enfin  ,  les  deux  quoi....! bisous  ,  piuerre  .
Répondre
N
<br /> Il n'est pas plus mauvais qu'un autre. Bon enfant, seulement !<br /> Bises Pierre<br /> <br /> <br />
F
il y a des éclairs sur l'écran! bizarre!! beau métier que celui-là!!j'ai vu quelques maisons en passant en Bretagne , c'est une pure merveille ! chez nous c'était de l'argile  tassée avec de la paille qu'on mettait sur les toits ;bisous
Répondre
N
<br /> Très écologique aussi ! Ca peut revenir...<br /> Bisous Fanfan<br /> <br /> <br />
B
j'ai l'impression d'être parmi eux. vivante lecture.
Répondre
N
<br /> Moi, j'ai même cru sentir l'odeur de la paille... Merci Bataillou<br /> <br /> <br />