Un polar à l'ancienne avec Al Weeler, suite n° 24 )

Après que le fourgon de police ait emmené Stevenson, Jenny et Délilah, le lieutenant appelle Petrie, lequel a cherché à le joindre au bureau du shérif, dans le cours de l'après-midi. Ils conviennent de se retrouver dans le même bar que la veille...
Je raccroche, réfléchis un instant puis cherche dans l'annuaire le numéro des Steveson. Sa femme répond d'une voix morne et acariâtre.
-- Ici le lieutenant Weeler, dis-je. Je viens de ramasser votre mari. Il est en route pour le bureau du shérif. Ils vont l'inculper et le mettre au trou. Je me suis dit que vous auriez peut-être envie de le voir.
-- Et pourquoi j'irais le voir, ce salaud ?
-- Il va avoir besoin d'un avocat.
-- Je devrai lui procurer un avocat ?
-- -- A mon avis, il doit avoir pas mal de pognon sur lui en ce moment. Il vous faut du liquide pour engager un avocat.
-- Supposons que je prenne le fric et oublie d'engager un avocat ?
-- Je n'ai rien entendu, madame Stevenson. Bonne chance !
-- Vous savez quoi lieutenant ? reprend-elle, un peu plus aimablement. Vous n'êtes pas aussi salaud que vous voulez, parfois le faire croire !
Je raccroche.
Bill Petrie est déjà assis dans un box lorsque j'arrive au bar. Je me glisse sur la banquette en face de lui et passe ma commande au garçon qui rôde à proximité. Petrie a le visage dur et figé. Le regard sombre.
-- Le salaud l'a tué ! dit-il. Une jeune fille belle et innocente comme elle !
-- En un sens c'est de ma faute. Je lui avais dit qu'elle ne courrait aucun risque à rentrer chez-elle.
-- Si vous ne lui aviez pas dit, il aurait tout simplement attendu un autre soir pour la tuer. Ne vous reprochez rien, lieutenant.
-- Autre chose. Elle était enceinte de trois mois.
-- Seigneur Dieu !
Il se plaque le poing sur la bouche et se mord sauvagement les jointures.
-- Stevenson est au bureau du shérif ; on le flanque au trou.
-- Stevenson ? (Il ouvre des yeux ronds de stupeur.) C'est lui qui l'a tué ?
Je secoue la tête.
-- Stevenson n'était en effet qu'un commis voyageur. Mais les produits qu'il plaçait étaient très spéciaux. (Je me rappelle brusquement Trixie Hall me disait que s'était Lloyd qui avait employé l'expression le premier.) Il vendait des rêves.
-- Des rêves ?
-- C'était lui qui permettait aux rêves des gens de réaliser. Les rêves classiques du genre plutôt dégueulasse. Il avait une écurie de deux putains de haut vol, fournissait aux ouvriers du chantier de construction tout ce qu'ils lui demandaient et à même procuré à une gentille vieille dame une petite réfugiée sans défense qu'elle pouvait brutaliser selon son bon plaisir. Et bien davantage, je suppose. Une fois que Stevenson commencera à se mettre à table, je crois qu'on aura du mal à l'arrêter.
-- Je ne m'étais donc pas tromper sur son compte, déclare lentement Petrie. Ce qui n'est d'ailleurs pas une consolation.
Le garçon apporte mon verre et je bois une gorgée tout en regardant les muscles de la mâchoire de Petrie se durcir.
-- Voilà qui règle la question Stevenson, dit-il. Mais qui a tué Lloyd et Julie Trent ?
-- J'ai été tellement occupé à courser Stevenson que je n'ai même pas eu le temps de vérifier le moindre alibi, pour l'heure où elle a été tuée.
-- Pourquoi Stevenson était-il si important ?
-- Lloyd a dit à Cotlow qu'il était sur un gros coup. Si c'était le cas, et si Stevenson s'était aperçu que Lloyd l'avait repéré, il aurait eu un mobile de le tuer. Mais il se trouve finalement que Stevenson n'est qu'un petit escroc minable. Alors peut-être Lloyd s'était-il trompé. Ou alors Stevenson était un prétexte dont il se servait pour passer un peu de temps avec Julia Trent.
-- Quelle heure était-il quand elle a été tuée ?
-- Vous êtes sûr que vous voulez connaître les détails ?
-- J'en suis sûr, dit-il d'une voix tendue.
-- Elle avait les mains liées derrière le dos, et elle a été violée d'abord, puis tuée d'une balle dans la tête à bout portant, comme Lloyd.
-- Et elle était enceinte de trois mois ? (Un rictus lui tord les lèvres.) Quelle brute a pu lui faire une chose pareille ?
-- Un être humain.
-- Cotlow !
Il me' crache le nom presque à la figure.
-- Pourquoi aurait-il voulu tuer Julie Trent ?
-- Si on commençait par le commencement ? demande-t-il d'une voix âpre. Ils étaient associés, n'est-ce-pas ? Lloys avait une femme riche et il avait également une liaison avec sa belle secrétaire blonde. Alors que Cotlow est le petit gros qui ne couche avec personne.
-- Sauf la femme de son associé, je lui rappelle.
-- Ça n'est venu que plus tard, commente-t-il sèchement, et tout le monde savait pourquoi. Elle s'est mise à s'afficher avec Cotlow après avoir découvert sa liaison avec sa secrétaire. Cotlow n'est pas idiot ! Il savait que c'était uniquement pour cette raison, et que sans ça, Alyson Lloyd ne l'aurait même pas autorisé à lui touché le petit doigt.
-- Alors pourquoi a-t-il tié Lloyd ?
--Poussè par la frustration, répond Petrie. Maintenant que son associé est mort, cela signifie également qu'il peut s'approprier l'agence. Mais je ne pense pas que ce soit important pour Cotlow. Vous lui avez parlé, lieutenant. Il est bourré de complexes. Seul un psychopathe aurait laissé ce message sur la poitrine de Lloyd et mis ensuite sa menace à exécution.
-- Bon, d'accord, et voilà qui nous ramène à la même question. Pourquoi l'a-t-il mise à exécution et pourquoi a-t-il tué Julie Trent ?
-- Parce-que c'est un psychopathe. (Petrie avale une gorgée de son verre.) Et peut-être parce-qu'il avait découvert qu'elle était enceinte. Elle allait donner le jour à l'enfant de Lloyd et c'était une idée intolérable aux yeux de Cotlow.
-- Ça ne me suffit pas Bill, dis-je doucement. Il faudrait une preuve quelconque.
-- Il a un alibi pour l'heure où Lloyd a été tué ?
-- Non, et sa femme non plus. Et vous Bill ?
Carter Brown, présenté par Nettoue. Nous retrouverons Al Weeler le vendredi 5 Juin, et demain nous assisterons < Au spécial élections européennes à Trifoully-les-Ouillottes. > Je vous embrasse mes amis et n'oubliez pas vos com et votez Weborama. Merci.
Écrit sur la police (12 ) comme toujours mon texte vient de sauter sur (10) et impossible de remettre la police. Je vous prie de m'excuser et d'être aussi attentifs que d'habitude. Il m'est impossible, faute de temps de tout recommencer... Vraiment désolée, je pleure !!!

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