Un polar à l'ancienne avec Al Weeler, suite n° 18)
Le cochon qui rêvasse .Le lieutenant se mord les doigts de n'avoir pas prise au sérieux la menace concernant Julie Trent; qui est assassinée le lendemain et de la même manière que Nathan. Il poursuit son enquête et se rend chez une des personnes inscrites sur la liste donnée par Petrie, le détective de l'agence < Cotlow & Llyod >, lequel commença les recherches au cours desquels Nathan Lloyd fut assassiné...La première personne qu'il rencontre, madame Mayhew, lui parait plutôt glauque.
J'examine plus attentivement madame Mayhew et ce que je vois ne me plaît guère. Un nez en lame de couteau, une bouche comme une cicatrice, des yeux d'oiseau de proie. Merde, pour la porcelaine de Meissen, je me dis. Il y a autre chose.
-- Vous n'avez jamais vu un monsieur Lloyd ? Je demande négligemment.
-- Monsieur Lloyd ? (Elle semble inquiète une nouvelle fois.) Non, jamais. Je ne savais même pas que monsieur Stevenson travaillait avec quelqu'un.
-- M; Lloyd est mort. Assassiné. De la même façon que sa secrétaire. Abattu à bout portant d'une balle dans la tête.
-- Je vous en prie ! (Elle secoue la tête.) Étés-vous obligé d'être aussi explicite, lieutenant.
-- Les objets d'art me fascinent. Montrez-m'en d'autres.
-- Vraiment, lieutenant, proteste-t-elle avec indignation, je vous ai dit tout se que je savais sur M. Stevensen.
-- Ca ne prendra pas longtemps. Je veux seulement jeter un coup d'oeil en vitesse sur vos trésors avant de m'en aller.
Je m'éloigne à grands pas et elle me rattrape dans la salle à manger.
-- Vous n'avez pas le droit de vous conduire comme chez-vous.
-- Je suis un collectionneur frustré, madame Mayhew. Tout se que je veux, c'est examiner vos trésors en vitesse.
-- Je ne tolérerai pas cette attitude, se met-elle à bêler. Vous n'avez pas de mandat de perquisition !
-- Vous avez parfaitement raison, j'acquiesce. Aussi n'ais-je nullement l'intention de perquisitionner. Je veux simplement rendre hommage à tous vos merveilleux objets d'art.
Quand elle m'a enfin rattrapé dans la chambre à coucher principale, elle en est à émettre des sons étranglés.
-- J'espérais voir un véritable lit à baldaquin, dis-je. Où aurait peut-être dormi une authentique reine d'Angleterre.
Je passe devant elle dans le couloir pour me diriger ver la deuxième chambre à coucher. Elle m'empoigne le bras. Elle est d'une force surprenante et ses ongles pointus s'enfoncent dans ma chair à travers la manche.
-- Ça suffit comme ça ! fait-elle d'une voix sifflante. Si vous ne partez pas immédiatement, j'appelle le bureau du shérif pour porter plainte.
-- Allez-y.
J'ouvre alors la porte et entre. Une fille nue allongée sur le lit pleure sans bruit. Elle est petite, elle a de longs cheveux étalés sur le dos et une peau dorée. Plusieurs boursouflures enflammées zèbrent les globes délicats de ses fesses menues, et une lanière de cuir gît à terre à coté du lit.
-- C'est le clou de la collection madame Mayhew, dis-je d'un ton froid. Un objet d'art oriental bien vivant. Combien l'avez-vous payé à Stévenson ?
Les yeux protubérants sont soudain humides. Puis les larmes débordent et se mettent à couler, laissant des traînées plus pâles sur l'épaisse couche qui lui recouvrent les joues.
La fille est originaire du Vietnam du sud, réfugiée de Saïgon. C'est Stevenson qui l'a fournie à Mme Mayhew, elle ne sait trop comment. A grand renfort de mensonges, promesses et fausses signatures, il l'a fait sortir du camp de réfugiés. Mme Mayhew tente d'élever le ton. Franchement, c'est un service qu'elle a rendu à la fille, en lui donnant un foyer, en lui enseignant la langue de son nouveau pays, en lui faisant faire son apprentissage de femme de chambre. Là-dessus arrive une auxiliaire de la police qui entre dans la chambre à coucher, et Mme Mayhew commence à faiblir. La fille parle peut-être mieux l'anglais qu'elle ne le prétendait. Mme Mayhew qui fini par craquer sous mes insultes savamment calculées et mon mépris glacé. Quand j'en ai terminé, elle n'a pratiquement plus de fard sur les joues.
Elle nie être lesbienne. Elle est seule, tout simplement. Son mari est mort depuis quinze ans et ils n'avaient pas d'enfants. Elle avait besoin d'une compagnie. Enfin, pas tellement d'une compagne, plutôt quelqu'un qui s'occupe d'elle. Et de l'appartement. Mais les gens sont devenus tellement indépendants de nos jours. Là dessus M. Stevenson lui a dit qu'il pouvait lui trouver un genre de bonne à tout faire. Il lui a amené la jeune vietnamienne.
Elle lui a fait subir l'apprentissage qui convenait, vraiment, affirme Mme. Mayhew en reniflant. Une créature à demi-sauvage comme celle-là ne peut rien comprendre d'autre. Il lui faut de la discipline. Elle avait donc entrepris de discipliner la jeune fille. C'est tout. Je passe le flambeau à l'auxiliaire de police. Elle va s occuper de la petite. Il y a bien une demi-douzaine d'agences gouvernementale qui vont s'occuper de Mme Mayhew. Quand à moi, je m'occuperai de Stevenson...
Carter Brown, présenté par Nettoue. La suite de Al Weeler vendredi 22 Mai. Demain nous retrouverons < Juju l'aigle borgne > . Je vous embrasse mes amis et n'oubliez pas vos com. et votez... Merci !

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