Un polar à l'ancienne avec Al Weeler (Suite n°7)

Le cochon qui rêvasse...
Sa poignée de main est ferme.....
-- Asseyez-vous, lieutenant.
-- Merci.
Je m'assoie et il regagne son fauteuil en boitant bien bas. Puis il me sourit.
-- Vous vouez savoir comment on m"appelle au bureau ? Patte folle.
-- C'est vraiment d'un gout douteux.
-- Vietnam, reprend-il. Le truc idiot, pas de doute. Une connerie de plus. Un petit malin avait disposé des mines antipersonnel mais personne ne l'avait prévenu qu'une patrouille devait passer par cette piste. Alors j'ai marché sur l'une d'elles.
-- Dans le fond, vous avez peut-être eu de la chance. Une jambe raide, ce n'est pas marrant, mais ça aurait pu être pire je suppose.
-- J'avais passé deux ans dans la police de L A, dit-il. Ils m'auraient bien filé un boulot administratif à mon retour, mais vraiment c'est pas mon genre. Du coup, je me suis retrouvé en train de travailler ici pour deux espions industriels.
-- La grande ville vous manque ?
-- Je ne crois pas. Je le craignais un peu au début. Mais Pine City est une petite ville agréable. Ou l'était du moins, car en fait, elle ne cesse de s'agrandir. Vous avez remarqua" je suppose ?
-- J'ai remarqué.
-- Non. (Il a un petit haussement d'épaules.) Assez bavardé, lieutenant. Je suppose que Julie Trent est mal partie, pas vrai ?
-- Qu'est-ce qui vous fait croire ça ?
Il sourit encore.
-- J'ai été flic, lieutenant. Assez longtemps pour savoir que le suspect le plus évident est en général le bon. Mais pas cette fois. Julie Trent est vraiment une fille bien. Elle ne ferait pas de mal à une mouche, sans parler de tuer quelqu'un !
-- Ce n'est pas elle qui a tué Lloyd ?
-- Vous avez parlé à la veuve, bien entendu ?
-- Bien entendu.
-- C'est une garce arrogante, d'éclaté-t-il d'un ton négligent. Lloyd m'a invité une fois à une soirée chez-eux, puis a retiraé son invitation. Comme je l'ai appris plus tard, sa femme avait dit qu'il n'était pas question de recevoir le personnel et que de toute façon, s'il y a une chose qu'elle ne supporte pas, c'est la vue d'un infirme.
-- Lloyd vous a répèté cà ?
-- Il l'a dis à Julie Trent qui me l'a répété. Ce n'est pas se que je voulais dire, lieutenant. Moralement, je ne peux pas vous confier se que je voudrais parce-que je ne suis qu'un employé et que c'est confidentiel. Alors il faudra que vous interrogiez Cotlow. Mais insistez, surtout.
-- D'accord, insister sur quoi ?
-- L'affaire en cours sur laquelle travaillait Nathan Lliod. Franchement, je n'en sais pas grand-chose, mais c'est moi qui ai commencé à enquêter au début. Jusqu'au moment où Lloyd a trouvé que c'est trop important et a préféré s'en occuper lui-même.
-- Vous pensez que son meurtre est lié à cette affaire sur laquelle il travaillait ?
-- Je pense que c'est possible, voilà tout. Et je pense aussi qu'il faudra pas mal bousculer Cotlow pour qu'il se décide à l'ouvrir.
-- Bon, je l'astiicoterai. Merci.
-- Pas de quoi, fait-il, et il hausse les épaules.
-- Et vous pensez que je devrais négliger le suspect le plus évident ?
-- Julie Trent ne l'a sûrement pas tué, répond-il froidement. C'est impensable. C'est une fille formidable et, comme je vous l'ai déjà dit, elle ne ferait pas de mal à une mouche.
-- A entendre la façon dont vous en parlez, on pourrait croire que vous en pincez vraiment pour elle, je déclare d'un petit ton négligent.
-- Je manque peut-être d'objectivité. D'accord, je suis fou d'elle, mais moi, je suis le gars qui regarde à travers la vitrine toute cette merveilleuse camelote étalée, sachant qu'il ne pourra jamais se l'offrir.
-- Il y aura peut-être moins de compètition maintenant que Lloyd a disparu.
-- Ca n'y changera rien, lieutenant, dit-il. Avec ma jambe dans l'état où elle est.
-- Vous êtes un peu trop sensibilisé, peut-être ? je suggère. Entre amants, est-ce qu'une petite boiterie a vraiment de l'importance ?
-- C'est la minute de vérité qui me fait reculer, déclare-t-il doucement. Le moment embarrassant où vous en avez tous les deux envie, mais il faut d'abord expédier les préliminaires essentiels. Se déshabiller, et ainsi de suite. Qu'est-ce que je dis, alors ? < Excuse-moi ma chérie, pendant que j'enlève ma jambe ? >
Désarçonné je le regarde fixement et il sourit encore.
-- Elle est en fer blanc, lieutenant. Arrachée juste au dessus du genou. Quand ils m'ont opéré, ils ont été obligé de couper au dessus du genou. Alors si vous envisagez de me considérer comme un suspect qui voudrait éliminer son rival pour toujours, vous pouvez y renoncer....
Carter Brown présenté par Nettoue. La suite de Al Weeler, jeudi. Et demain, bonjour à < Triffouillt-les-Ouillottes > Et n'oubliez pas, mes amis vos petits com et < Votez le panier du chaton > Merci

Publicité