Un polar, à l'ancienne... Avec Al Weeler...
Le cochon qui rêvasse...La porte s'ouvre carrément de dix centimètres., un oeil bleu et affolé me considère par l'entrebâillement.
-- Je suis le lieutenant Weeler du bureau du shérif.
-- Vous avez des papiers d'identité ? chuchote une voix rauque.
Je sors mon insigne et le lève au niveau de l'oeil bleu.
-- Bon, ça va, je suppose, reprend la voix rauque... J'ai une telle trouille en ce moment, de toute façon, que je crois bien que je vais crever.
Elle referme un instant la porte pour décrocher la chaîne de sécurité, puis l'ouvre en grand. C'est une blonde aux cheveux mousseux, aux grands yeux bleus et à la bouche qui à elle toute seule évoque un cours de recyclage uniquement consacré au sexe.
Elle porte un peignoir de soie noire noué à la taille par une ceinture et qui lui arrive à mi-cuisses. Ses seins ronds et fermes sont si étroitement moulés par le tissu impalpable qu'on en voit les larges médaillons. Ses jambes sont impeccable elle-aussi.
-- Entrez donc, lieutenant, dit elle. Je m'attendais, je ne sais pas pourquoi, à une voiture de patrouille sirène hurlante et à toute une escouade de flics en uniformes.
-- Le shérif du comté essaye de faire des économies en ce moment. Vous avez droit à moi tout de suite, ou alors à une voiture de patrouille demain après-midi.
Elle fait un effort pour sourire, mais ses lèvres tremblent trop. J'avance dans le hall d'entrée et referme la porte derrière moi.
-- Je ne voudrais pas paraître indiscret, je reprends... Mais vous avez bien appelé le bureau du shérif pour signaler un homicide ?
Elle acquiesce d'un signe de tête puis déglutit convulsivement.
-- En rentrant, j'ai décidé de prendre une douche avant de me préparer à dîner. Après ma douche, je me suis dirigée vers la penderie pour y accrocher ma robe. Oh Seigneur ! J'ai ouvert la porte et il était là !
-- Le corps est dans la penderie ? Je demande intelligemment.
Elle acquiesce encore. C'est peut-être une manie chez-elle, ou alors ce sont ces nerfs qui lui jouent des tours.
-- La chambre à coucher est là, dit elle... Vous permettez que j'attende dans le living-room, lieutenant ? Je ne supporte pas l'idée de le revoir !
-- Bien sûr. Vous n'avez pas de la gnôle dans l'appartement ?
-- Du rye, je crois. Vous voulez un verre lieutenant ?
-- C'est plutôt vous qui en avez besoin. Si vous alliez vous en servir un ?
Elle se détourne et se dirige vers la porte. Ses fesses bien rondes oscillent sous la soie noire qui les moule. Je regarde jusqu'à se qu'elle ait disparu, puis gagne la chambre à coucher.
L'ennui avec le métier de flic, c'est qu'il vous rend schzoïde. Qui d'autres préférerait les morts aux vivants ? En particulier quand il s'agit d'une voluptueuse blonde aux cheveux mousseux ?
La chambre est manifestement féminine. Un soutien-gorge et un slip sont négligemment posés par terre, à coté d'une paire de chaussures. Devant la penderie ouverte, une robe gît par terre, à l'endroit où elle la laisser tomber, je suppose.
Le gars assis dans la penderie ne s'intéresse plus à rien. Je m'approche pour le regarder de près. Trente-cinq ans environ, brun, et très élégant. Le costar qu'il porte doit bien représenter un mois de paye pour un lieutenant. Quelqu'un lui a tiré une balle en plein front à bout portant. Les traces autour de la blessure en sont une preuve évidente. Le sang est déjà coagulé sur son visage. Mêlé à de minuscules fragments d'os et de cartilage.
Un spectacle peu inspirant s'est offert à la blonde mousseuse quand elle a ouvert la porte du placard. Un message est épinglé sur sa poitrine. < Tu es la prochaine... Salope ! > ...
(Par Carter Brown)... Présenté par Nettoue....la suite jeudi, 16 Avril.
Et demain, nous allons à Triffouilly-les-Ouillottes...
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