Un grand moment de petite enfance, 6)
Vous avez bien compris, que Kiki n'était pas à plaindre.. Je vous fini donc, cet instant de Bussière-sur-l'Ognon des alentours de 1900, celui de ma grand-mère.Peut-être, avez-vous remarqué, que je l'appelle < ma Lina > Se n'est pas par manque de respect, bien sur, mais par excès d'amour rnvers elle ! De sauvegarde envers-moi, aussi ! Quand je dis, grand-mère, comme je viens de le faire pour vous, des souvenirs d'elle, plus vivant encore, m'alarme en profondeur, se prennent à me la faire revivre devant les yeux.. si présent que je voudrais me les garder au fond du regard, pour les caresser de mes paupières mouillées. Cela fait encore si mal au bout de tant d'années que pour me mesurer le chagrin, je l'écris !
Je voudrais que beaucoup d'entre-vous, lise ses lignes et comprenne, que plutôt que de me raconter, c'est d'elle que je veux parler.
Elle était belle, pauvre, courageuse et elle aimait tellement rire.. J'arrête là l'émotion sinon, elle va s'en venir me chuchoter à l'oreille < Haut les coeurs , les poussins, demain il fera beau >
Donc ma Lina de Bussière-sur-l'Ognon, n'allait à l'école que l'hiver, et pour nous amuser racontait, la stupeur pétrifiante où la mettait son instituteur lorsqu'il tonnait à travers la salle : Bonnet, à la carte ! Il parlait de celle accrochée au tableau noir, juste à coté de son bureau et de lui, par la même occasion; Le vieux Peuh ! ( expression franc-comtoise, un rien pâtoise se voulant signifier, laid de chez les laids et faisant tout, pour le rester.. )
Donc, ce peuh ! savait bien dans quel état de panique, la poussait son aboiement. Elle se levait donc, les genoux à l'équerre sur des jambes aux pieds à onze heurs, perdue dans son grand gilet de laine verte, offert par son parrain lors de son anniversaire : lequel gilet lui fût d'abord manteau, puis 7/8ième, puis, 3/4, et enfin bolèro pour s'en aller danser la Polka et la Scotiche à la fête du village de Bussière. < Crotte de crotte, heureusement qu'il s'est effilocher avant que je doive le porter en cache-nez !!! > précisait-elle au milieu de nos rire..
Bref, dès qu'elle arrivait devant l'estrade, d'un coup de poignet laissant supposer une grande pratique de la solitaire attitude manuelle et artisanale, fortement, décriée à l'epoque.. ( je dis ça par pure méchançeté car se retourner la carte sur le coté muet ne montrant que des traces de cours d'eau, alors que l'on se devait situer Paris, Lyon, Marseille, ne dénotait pas une attitude citoyenne amicale ! )
Bon, on s'en retourne au 13, où la marmaille, dont je faisais partie, se jouait l'osselet dur les marches d'escaliers descendant à la cave de madame Baron-Duclos, notre propriétaire, se possédant la plus sûre, la plus voutée du quartier.
Au gendarmes et au voleur, au cow-boy, avec Tom Mix et Tonto l'indien, allions à l'école pendant que ma Lina s'en allait frotter le linge des voisins, dans la buanderie commune, manière de nous faire un peu de sous ! Une vis normale de temps de guerre, en somme !
Et puis il y eu ce jeudi de mois d'Aout ! Chaud emplie de soleil , si beau, qu'en petite famille nous étions aller nous baigner sur le barrage de Mazagran, face au faubourg de Tarragnoz lequel baigne les pièds de la Citadelle imaginée par Vauban, lors de la construction à l'intensive des fortifications ordonnées par louis XIV,..
Heureux de s'éclabousser, de patauger, d'essayer de s'attraper des tétards pour en les mettant dans une bassine, les rendre grenouilles au printemps prochain. Et soudain.. Ma Lina se prit la voix étouffée de ses prières du soir... Pour nous dire brièvement < habillez-vous, nous partons ! >
Que se passait-il brusquement ? Elle n'avait jamais, la punition même méritée aussi tranchante ! Bien sûr, nous avons hésités, les enfants sont comme ça, ils leur faut l'explication permanente pour les actes les plus simple de la vie ! Les ponts n'allaient pas ressauter, il n'y avait plus que deux passerelles d'appoint, installées par l'occupant ! et de toutes façons, il n'y en jamais eu dans ce coin çi de la ville ! Pour s'aller se remplir de mousse verdâtre, emplie de p'tites choses dégoutantes, en escaladant, la Citadelle, de là où nous étions, il n'y avait que le passeur. Oui, déjà ! un homme aux biceps gros comme des troncs de chène centenaire.. Il faut préciser qu'il se devait les utiliser pour faire avançer une énorme barquasse, se pouvant contenir dix personnes, en manoeuvrant par tractions succèsive le long d'un cable tendu en travers du doubs , à hauteur de ses épaules ;
Il y avait bien sûr des tickets pour une essence qu'on se devait pomper à la main ou se faire pomper dans certaines stations, mais sans moteur accrocher au cul de la barcasse, et sans beaucoup de personnes se possédant une voiture, le carburant, on s'en battait l'oeil.. De toutes manières, le peu à rouler se propulsaient moins vite que Claudo, sur ses patins à roulettes . Il arrivait même qu'elles lui cèdent le passage, tant il les effrayait.
Bon, le bateau à aube, se promenant sur le Mississippi , démodé ! Un de ceux issu de la marine à voile.. Le Doubs peut-être capricieux si on l'emmerde avec des trucs qu'il n'aime pas ! Il se peut aussi bien vous planter sur place, que de se lancer dans un pas de gymnastique apte à vous faire tournicoter comme une toupie...
Ce n'est pas pour le suspense, mes amis ou si peu .; mais la blogomania annonçée par le quotidien de Trifouilly-les-Ouillottes est bien réel, et cela me bloque un peu le dos à ras du fauteuil, si je reste assise, des heures ..
Alors, à bientôt les amis,
N'oubliez pas, le p'tit com sympa. au fait, vous en pensez quoi, de ma nouvelle bannière ? N'hésiter pas à n'en dire que du bien
Nettoue
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