Son amour, tout simplement...

Publié le par Nettoue

Elle s'appelait Lina, Lina Bonnet, et c'était le fille de petits cultivateurs franc-comtois, de bussièresBussière-sur-l'Ognon. Elle était aussi ma grand-mère et c'est elle qui m'a élevé, je devrais dire nous, car nous étions quatre, deux garçons et deux filles, à dépendre d'elle, de son courage, se ténacité, sa tendresse infinie...

 

Lina à quinze ans, quand elle vit Alfred pour la première fois alors, qu'en longue chemise de coton (les bikinis de l'époque), elle pataugeait avec ses copines sous le pont qui sépare en son milieu, les départements du Doubs et de la Haute Saone. 

Alfred, à sept ans de plus qu'elle et s'en va avec des amis de Besançon, danser au bal du village.

C'est dimanche, il fait bon, il fait chaud, et tous sont bien fringants : La "micheline", tacot perfectionné, leur TGV, bringueballant  venait de les déposer coté Haut-de Saône.

 

Ils rient des gamines qui se cachent derrière les piles du pont, retirent leur chapeau pour les saluer et continuent leur chemin. Lina n'en a vu qu'un, grand, blond doré, les yeux très bleus, avec une fine et altière moustache à la mode des temps de ce début de siècle passé.

Comme, elle aurait voulu, aller danser elle aussi, mais maman Joséphine, ne badinait pas avec ces principes là ! Les demoiselles ne vont au bal qu'à partir de leur seize ans et chaperonné par un frère ou un cousin : De ce coté là, pas de crainte, pour l'année suivante, Lina  avait trois solides gaillards moustachus, eux-aussi, pour frère....

 

 L'un d'eux devint ami avec Alfred et s'en vint passer beaucoup de dimanche dans la petite ferme où l'on ajoutait un morceau de petit salé à la soupe du jour : Lui-même, était mieux nanti car il était fils unique et pour cause...(Elisa, maîtresse femme s'il en fut se fâcha un jour avec papa Joseph, la crème des hommes et ne lui parla plus pendant 20 ans, alors pour les câlins vous pensez...), vivait à Besançon au 13 chemin de la Butte, où ses parents exploitaient des terres maraîchères, avec un grand courage !

 

alfredSa Lina, Alfred l'attendit quatre ans et l'épousa le jour de son anniversaire par un beau jour de 14 juillet, (car ma Lina est née sous les pétards de la fête nationale), dans la petite église du village... Elle était si belle, avec sa taille si fine, sa somptueuse chevelure brune, nouée en un chignon presque lourd pour sa nuque frêle, et ses grands yeux verts, si lumineux... (Plus tard, devenue la belle-mère de mon père le "beau Charles", celui-ci dira d'elle, et il s'y connaissait, qu'elle était la plus belle femme de la région !

 

   Ma Lina mangea du boeuf, pour la première fois de sa vie à son repas de mariage, en dot elle n'avait rien apporté d'autre que son trousseau brodé des années durant, celui là même devant lequel belle-mère Elisa pinça les lèvres en disant : Mon Dieu, Lina, mais vous n'avez que trois douzaines de chemise ! Dédain, qui motiva peut-être qu'elles ne s'entendèrent jamais et que celle-ci n'hésita pas à mettre ma Lina au travail le lendemain de ses noces en l'envoyant éclaircir une planche de carottes

 

Le guerre de 1914, fut déclarée peu après, alors que ma Lina s'en était allée vivre à Saint Vit, avec son jeune époux, pour tenir une petite succursale d'une chaîne d'épicerie.

Alfred fut mobilisé et partit alors que ma grand-mère attendait ma maman... Il fut tué à la bataille de l'Hartzmanswillerkopf en Alsace, sans avoir connu sa fille..; Il fut déclaré "mort inconnu" car on ne retrouva jamais son corps !

 

Pour moi, leur histoire mérite d'être citée dans les "amours célèbres" !

La pension de veuve de guerre ne suffisant pas à élever dignement sa fille, Lina du aller dans les buanderies de ceux qui en avait les moyens, laver leur linge en le frottant avec une brosse de crin sur un lourd banc de bois à rainure, et un pain de savon de Marseille...

 

Et pourquoi, je vous raconte cela aujourd'hui, et bien parce-qu'il y a des jours comme ça, où si lointain fussent-ils, car je l'ai perdue si jeune, les souvenirs d'elle sont si vivants qu'ils me faut les épancher un peu et laisser couler mes larmes...

(réedition)

 

A demain, mes ami(es). Merci de votre fidélité et n'oubliez pas "Et Op, "un p'tit com pour Nettoue".

 

krikri

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Publié dans le temps d'avant

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:
<br /> Bonne fin de semaine.<br /> Bisoux ma chérie !<br /> <br />
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N
<br /> <br /> Je ne vais pas arrêter de danser... en pensées<br /> <br /> <br /> Bisous ma belle Dom<br /> <br /> <br /> <br />
C
<br /> <br />
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N
<br /> <br /> Marc Aurèle a raison, la vie est un trésor sans prix !<br /> <br /> <br /> Bises<br /> <br /> <br /> <br />
G
<br /> Même si c'est une réédition, tu es dans les temps, le 14 juillet étant dans deux jours ! J'aime bien ces souvenirs comme ça, d'ailleurs j'ai passé la journée d'hier aux archives pour ma<br /> généalogie, et j'ai trouvé plusieurs détails intéressants, mais ça sera la plupart du temps des détails administratifs, ce n'est pas comme si c'était raconté comme tu le fais...<br /> <br /> <br /> J'ai eu les résultats du bac : 18 points d'avance pour l'année prochaine.<br /> <br /> <br /> Bises<br />
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N
<br /> <br /> Justement, j'y pense souvent et encore plus à certaines périodes !<br /> <br /> <br /> Bises Guillaume<br /> <br /> <br /> <br />
M
<br /> j'aime beaucoup l'histoire de Lina...la vie ne fait pas de cadeau. bonne nuit ma chérie...on vient de rallumer la chaudière; c'est désespérant!<br />
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N
<br /> <br /> Hier et ce matin, il faisait carrément froid. Merci ma Puce d'être mon amie<br /> <br /> <br /> Bisous<br /> <br /> <br /> <br />
E
<br /> Bonsoir<br /> <br /> <br /> Petit passage dans ton univers pour te souhaité une bonne soirée j'espère que tu vas bien !!  bisous  féerique evy<br /> <br /> <br /> <br />
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