Je me suis laissée dire : Les petits bonheurs du temps d'avant.

Il ne s'agit pas là, de faire l'apologie du tabac, mais dans les temps oubliés où les petits plaisirs de l'instant se révèlaient d'une grande modestie, il était assez courant de voir les femmes se récompenser des travaux des champs , en s'allumant une pipe, avant de commencer ceux de la maison.
D'ailleurs, en se cultivant chacun, quelques pieds de tabac, sans chimie ou ajouts nocilfs et destructeurs, le tabac se poussait comme les choux et les salades, à l'air pur des campagnes et à l'odeur des tas de fumier produits par les animaux de la ferme : Le tout, sain et écologique sans le savoir !
Ces femmes, à l'esprit libre fumaient la pipe avec autant d'ardeur que leurs compagnons. Cette habitude ne choquait personne, et l'on s'offrait une pincée de tabac séché, puis coupé et pillé en miettes, en gage de convivialité.
Fumer la pipe, se faisait surtout après le repas du soir, après la soupe et avant le fromage, instant propice à soupirer d'aise ! Nos ancienne s'y trouvaient alors, mieux en coquetterie, comparées aux hommes qui chiquaient plus volontiers. (Il faut reconnaître que le jus de chique envoyé en un rejet savant, pétarader dans la cheminée, se révélant plus odorant que l'après plat d'oignons frits)
Conçues de façon artisanale, les pipes étaient taillées dans la bruyère à partir du tronc, car ce bois brûle difficilement.
On en prélevait des morceaux avec des outils rudimentaires, puis on se façonnait les "ébauchons" sur place, avant de les tremper dans de l'eau bouillante, maintenue tel, pendant 24 heures, pour en déloger le tanin.
Après un séchage soigné, on calibrait, puis creusait le fourneau avec un couteau.
Dans les gestes familiers du bourrage, du tassement, puis de l'allumage prit directement au foyer rougeoyant de flammes dansantes sur fond de pierres noircies, se vivait une harmonie de charme issue de mains creusées de sillons dus aux habitudes, immuablement soumis aux saisons.
Cette harmonie sereine d'acceptation volontaire se voyait aussi et surtout, sur les beaux visage sculptés dans une peau aux allures de cuir veiné.
L'art de fumer la pipe ennoblissait ces rudes paysannes avançant, sans faiblir, dans des chemins ayant formés notre histoire à la mémoire des ans ! A celle, d'hommes et de femmes sages et riches d'une pauvreté admise comme naturelle.
Au four à pain du village, entre les conversations, on accentuait le bref repos en se réjouissant de le prendre en commun, de même qu'aux champs, lors d'un répit inséré entre deux labours, on se partageait le plaisir de quelques minutes.
Dans nos belles cuisines blanches et robotisées de partout, cette pratique jugée peu féminine, choquerait sans doute, car elle semble à présent réservée outre, au vieux loups de mer, raréfiés eux-aussi, et aux intellectuels voulant prouver par ce geste, qu'ils le sont, pour le cas où on ne le verrait pas suffisamment.
Mais, même avec les plus beaux modèles, les plus coûteux aussi, il est évident qu'ayant tant de jouets divers à leur disposition, peu d'entre-eux, en obtiennent, le plaisir rare de nos vieux d'antan, dont les yeux pâlis par l'éblouissement quotidien des choses de la nature, reflétait le contentement du devoir accomplis.
Ps, Je viens d'apprendre que mon ami DID, fumait la pipe, se qui me pousse à ajouter, qu'il y a naturellement beaucoup d'hommes, bien dans leurs baskets qui la fume également.
A demain, mes amis. Merci de votre fidélité, et n'oubliez pas vos com, et votez Weborama.

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