Extrait d'un roman sans avenir : les rue de Paris, sous Louis XIII ...

En prévenant du premier service religieux, les cloches réveillent Paris, vers quatre heures du matin.
Églises, couvents et monastères s'y construisent de partout. Paris est dévot ! On y est pas meilleur qu'ailleurs, les tires-laines et coupes-jarrets y sévissent allégrement, les mendiants y exposent leurs misères vraies ou supposées, voir inventées, les prostituées leurs fesses et surtout leur désenchantement...
Quant aux escrocs, corporation engendrant rarement des sots, il faut voir leur habilité à profiter de la crédulité des bonnes âmes, éprises de miraculeux, pour leur vendre l'eau crasseuse de la Seine, en tant qu'éléxir fabuleux, apte à les aider dans tous les actes du quotidien. Pourtant l'on y prie d'abondance et va à confesse autant que faire se peut !
Au fil des heures et tout au long du jour, un ballet incessant fait de sons, de mouvements, et de couleurs rythme la vie des parisiens. Il débute avec l'allumage des chandelles des débits de boissons : A peine éveillés, le menton piqueux des barbes nées la nuit, avec en poche un quignon de pain assisté d'un peu de fromage, les ouvriers s'y précipitent ! Ronchons, hâbleurs, grandes gueules autant que mal embouchés , mais courageux et dévoués à l'ouvrage.
Viennent ensuite, les marchands d'eau de vie avec leur tonnelets attachés autour du cou proposant : Qui, son tord boyaux, qui son pousse-au-crime ou petit vin clairet... Les pâtissiers, paniers sur la tête tambourinant aux portes.(Chauds devant, chauds, petit pains et pâtés tout frais.)
Enfin les laitiers, appelant leur pratique à grands renforts de coups de pochons donnés sur des bidons bosselés.
Cette première procession est aussitôt suivie par celle des marchands de quatre saisons et des gens aux petits métiers.( Vendeurs de perruques, de vinaigre, de sel, oeufs et farine, de passeurs nantis de muscles noueux, préposés à porter les dames de qualité, afin que dans certains endroits le bas de leurs robes ne se traînent pas dans la merde, portefaix, affûteurs, porteurs de parapluie etc... )
A partir de là, on se broie, bouscule, s'absorbe, se retrouve cogné ou déboîté d'un bras ou d'une jambe, propulsé au milieu de jets d'eaux grasses et d'urines. Quand ce n'est pas de sang filtrant des abattoirs ou de jus s'échappant des tanneries.
Pour y échapper les plus malins s'efforcent de tenir le haut du pavé, mais l'astuce est connue et il y a foule. Alors, on se brocarde, s'insulte, se crache dessus, les voleurs en profitent pour exercer leurs talents, les poètes en faire des chansons.
Et puis, on se réconcilie pour engueuler le beau monde, qui s'adjugent les priorités dès qu'arrives. Là, il s'agissait de magistrats, médecins, petits bourgeois et petits maîtres à dos de mulet.
Plus tard, d'autres se faisant écarter la foule,sans ménagement, passent les mousquetaires et soldats à cheval, lesquels ont le poil aussi lustré que ceux qui les enjambent : Les gascons, cadets aux gardes, tel mon cher Cyrano de Bergerac, éternellement pauvres perchés sur leurs montures faméliques. Et pour finir, les chichiteux plein de sous, portés en chaises ou traînés par des attelages à quatre chevaux...
La( suite et la fin ) des rues de Paris de 1640, demain mes amis. Merci de votre intérêt pour ce blog, et n'oubliez pas vos com et votez Wevorama

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