Je me suis laissé dire... Maria la Ravaudeuse...

Publié le par Nettoue



Elle portait son existence à bout de bras, depuis que son fiancé le Joseph, s'en était revenu de la saleté de guerre des tranchées, avec les poumons brûles par les gaz envoyés par ceux de la ligne Siegfried.

Bien sur, ils s'étaient mariés quand même. Ce fut elle qui insista, et les frères et parents de Joseph aussi !
Ils savaient tous, que les poilus ayant portés la tunique bleue horizon, revenaient rarement indemnes de ce grand n'importe quoi destructeur. (Quand ils en revenaient.) Et que les services que Joseph allaient rendre à la ferme se limiteraient au potager, à lia traite des quelques vaches, et à l'entretien des deux boeufs.

Alors Maria, qui avait des doigts de fée et de la bonne volonté à revendre, s'en devint Ravaudeuse-couturière, des villages alentours, en plus du sien, Auxon-Dessus. Parfois, plus loin jusqu'à l'entrée de Vieillez, et d'Osselle, là où le monde se vivait un peu plus aisé.

A pieds ou assise dans le vieux tacot brinquebalant, lorsque les chemins étaient détrempés ou enneigés : Son cabas de brosse toile, à la main (Son gagne-pain.) Elle s'arrêtait, là où ll y avait de l'ouvrage.
Fallait voir, ses mains agiles redonner vie à des chiffons usés par le temps : Ceux que l'on à peine à jeter, parce-que l'on pouvait, peut-être, encore en faire quelque chose. Des heures durant, le fil glissait entre ses doigts pour réparer les accrocs, repriser les chaussettes jusqu'à se qu'elle dut rattacher les reprises les unes aux autres, ou bien  confectionner dans des toiles de chanvre ou de lin, la biaude, le jupon, le chemise et le tablier, de ceux qui avaient la bonté de l'employer pour quelques sous.

Pour ce faire, elle s'installait dans les cours, les granges, qu'elle n'aimait pas car la clarté y était chiche, et dans les grandes cuisines où la soupe cuisait doucement dans les chaudrons de cuivre, suspendus aux crémaillères des cheminées.
Elle le fit longtemps, pour aider aux dépenses de la ferme de ses beaux-parents, mais aussi et surtout, pour offrir à Joseph, le journal < Le petit comtois >, qu'il aimait à lire, lorsque fatigué de s'être épuisé à tousser, il s'arrêtait une heure ou deux pour se reposer de son labeur quotidien à la ferme.

Et puis, le jour où il mourut ou se laissa mourir humilié, mais aussi désespéré de voir sa femme courir les chemins par tous les temps, pour apporter une part de son propre écot à la table familiale, Maria continua de faire son métier de Ravaudeuse : Un peu plus courbée, les yeux un peu moins vifs. Dame ! Elle se voulait croire que s'était le chagrin qui lui ternissait le regard, quand chaque soir en rentrant, elle allait déposer les fleurettes cueillies en chemin sur la modeste tombe, du modeste petit cimetière, de petit village de Auxon-Dessus. .

Elle le voulait certes, mais elle savait bien que sa vue baissait et que ses doigts déformés par l'arthrite n'allaient bientôt plus lui  permettre de continuer...

Alors, elle prit la place de Joseph au jardin, à la traite des vaches et au nettoyage de l'écurie.
Et puis, avec l'argent économisé depuis dix ans qu'elle n'achetait plus le journal pour son époux, elle fit installer sur la modeste tombe du modeste cimetière du petit villade de Auxon-Dessus, une croix en marbre, la plus belle qu'elle pu trouver dans le magasin des pompes funèbres de Besançon.

Joseph avait recu la médaille militaire, bien sur, mais cela n'avait jamais eu beaucoup d'importance pour elle. Mais comme Joseph, en était fier, elle la garda dans sa boite capitonnée de bleu, sous une pile de mouchoirs dans son armoire à linge.

A demain, mes amis. Merci de votre intérêt pour ce blog, et n'oubliez pas combien vos commentaires sont encourageants !



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Q
<br /> <br /> Et oui... j'en étais sûre... C'est une histoire qui m'avait tellement touchée !<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Un grand merci, Nettoue, pour l'avoir remise en ligne.<br /> <br /> <br /> <br />
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N
<br /> <br /> Beaucoup ne l'a connaissait pas, je suis heureuse que tu t'en souvienne<br /> <br /> <br /> Bises ma Quichottine<br /> <br /> <br /> <br />
A
<br /> <br /> Bonjour ma Nettoue,<br /> <br /> <br /> Historiette très touchante !<br /> <br /> <br /> En ce temps, il fallait un courage exceptionnel pour 3 francs 6 sous...<br /> <br /> <br /> Bonne semaine. Bizzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> NB : Défi n° 29 de la Ruche en ligne... si tu veux faire ton cinéma... lol<br /> <br /> <br /> <br />
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N
<br /> <br /> Je vais de ce voir de quel cinéma il s'agit<br /> <br /> <br /> Gros bisous mon Abeille<br /> <br /> <br /> <br />
:
<br /> <br /> Bon dimanche ! Bisoux.<br /> <br /> <br /> dom<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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N
<br /> <br /> Bonne fin d'après-midi ma Dom amie et bises<br /> <br /> <br /> <br />
S
<br /> <br /> J'aime me faire raconter la vie simple de nos ancêtres.Merci et bon dimanche<br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> je te souhaite une excellent 1er mai!<br /> <br /> <br /> passage du jour pour le fêter*<br /> <br /> <br /> <br />
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