Je me suis laissé dire...le Prieur ou la Prieuse

Dans ces temps issus de bien avant, la croyance populaire était soumise à Dieu : ainsi, on priait dans toutes les fermes, dans toutes chaumières, par piété, parfois par habitudes, et puis ça ne coûtait pas cher...
Par tous les temps et à tout instants, on y bénissait le tout puissant en se faisant d'ardents signes de croix ! Accordait une pensée émue à Marie et à son enfant.
Les offices religieux étaient nombreux, les lieux de cultes très fréquentés. Par croyance ou pour se la renforcer en cas de doute, mais aussi parce-que l'on y pouvait y reposer ses membres fatigués sans s'ébrécher la conscience, en se pensant voler des heures au labeur quotidien.
Lors d'un enterrement, si la chose n'avait été aussi triste, on s'en serait presque réjouit, car elle était l'occasion de grandes réunions familiales et villageoises.
Du plus petits au plus grands, (Eux se réjouissaient de manquer l'école.) Du plus jeunes aux plus âgés, on se devait de rendre hommage à la personne venant de s'en aller : l'important, n'étant pas, dans ces moment là, la rentabilité mais bien le soutien aux familles dans la peine.
On laissait alors, tous les travaux en cours même, si avant et après la cérémonie, il se fallait, et souvent à quel prix, rattraper le temps perdu ! Et l'on retournait faner, labourer, nourrir les animaux, un instant interrompue la vie active de la ferme reprenait.
Lorsque la personne se sentait prête à partir, et quelque fut sa peur, et le chagrin ambiant, elle devait se repentir... dans la précipitation, on allait donc chercher monsieur le curé.
Plus tard, au terme de la cérémonie, et les jours suivants, la famille se devait veiller à l'entrée au paradis de l'âme du parent pour qu'il y repose en paix pour l'éternité !
Pour cela, il fallait prier et l'on avait pas toujours le temps. Alors, on faisait appel à plus pauvres que soi, et sollicitait les Prieurs et Prieuses professionnels.(Si l'on peut dire), car démunis entre tous, ces pauvres gens vêtus de haillons, sans un sou en poche se traquaient l'écho des gravement malades. Ou bien encore, hantaient les cimetières à la recherche de noms nouvellement inscrits sur les croix de fer.
Ils allaient alors, proposer leurs services de portes en portes, pour quelques sous, un morçeau de pain, une place à dormir dans la grange ou sous l'appentis.
Il se disait d'eux, que de là-haut le bon Dieu les entendait, les écoutait même, car ils avaient le coeur bon et étaient sans argent, sans bien, sans rancune et dénués de vanité ! Mais pouvaient-il se permettre une quelconque fierté ? (Moi, je dis oui, la honte se devant être éprouvée sur ceux qui du haut de leur calèche tirée à quatre chevaux, les considéraient juste, un peu plus que moins que rien !)
Et s'était l'homme agenouillé à proximité de la tombe, ,priant inlassablement en égrenant son chapelet, sa seule fortune, les yeux levés vers le ciel, jour après jour... Et s'était la pauvre vieille percluse de douleurs, qui cependant vu son âge et sa fatigue, avait le droit de prier assise !
Le temps des prières étaient proportionnel à l'argent donné. Certains, moins honnêtes ou plus désespères, se contentaient de rester sur place immobiles, la mémoire égarée dans un temps où ils espéraient une vie un peu plus douce. D'autres, mieux portants ou moins déçus des choses vécues, s'efforçaient d'apaiser les peines. Se faisaient accepter pour quelques menus travaux, au moins le temps de l'hiver afin de se sentir moins perdus, dans le froid de ce monde.
Je me demande et sans doute vous aussi, qui les pleuraient eux ? Et qui priaient pour leurs âmes une fois posés dans la fosse commune d'un petit cimetière perdu, au milieu de nul part ?
A demain mes amis et merci pour vos commentaires et vos présence amies. Et n'oubliez pas le petit vote sur Weborama

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