Un polar à l'ancienne avec Al Weeler, suite n° 20)
Le cochon qui rêvasse...En entendant parler d'homicide les deux jeunes et jolies putes, Jenny et Delilah suppose qu'il s'agit de leur mac et ami Stevenson. Pensant qu'ainsi, elles parlerons de lui plus facilement, le lieutenant ne les détrompe pas. Au bout d'un moment, le téléphone sonne, que crotte de crotte, c'est justement Steveson...
-- Bien joué ! dit Délilah, les dents serrées. Vraiment bien joué ! Et vous nous avez laissé à nos suppositions !
Je la gratifie d'un sourire conciliant.
-- Je me suis dis que vous ne verriez pas d'inconvénient à l'ouvrir si vous le croyiez mort !
-- C'est vous que j'aimerais ouvrir, avec un couteau de cuisine, dit Delilah, en commençant vous savez où !
-- En tout cas, merci pour tout, les filles, dis-je, j'e'spère au moins que vous gagnez bien votre vie.
-- Un instant. (Delilah, le regard flamboyant, me barre le chemin.) Pourquoi est-ce que Steveson vous intéresse tellement ?
-- Vous ne vous étiez pas trompé au sujet de Lloyd, j'explique. C'était un privé et il est mort. Alors peut-être qu'il fouinait de trop près dans les activités de Stevenson et Steveson l'a refroidi.
-- Clyde n'est pas un tueur, déclare Jenny avec fermeté.
-- Qu'est-ce que vous en savez, bon Dieu ?
-- Et bien...(Elle agite vaguement les mains.) Il ne se conduit en tous cas comme un tueur.
-- Ca se conduit comment, un tueur ?
-- Ah merde ! Fait-elle en se laissant aller contre le coussin du divan, comme si cela réglait la question.
-- Ce qu'il fait pour nous n'a rien d'illégal, dit Delilah. Il ne nous maquereaute pas, je vous l'ai déjà dis.
-- Il vous maquereaute dis-je, avec lassitude. Il prend sa commission sur les client au lieu de la prendre ici.
-- Alors qu'est-ce que vous comptez faire ? Vous précipiter à la brigade des moeurs en sortant d'ici ?
-- Je ne pense pas. Pourquoi m'écouteraient-ils, si vous êtes déjà en cheville avec eux ?
Elle me regarde fixement pendant deux secondes.
-- C'était du bluff, et vous le savez. Jenny pensait simplement que ça ferait bien.
-- Je veux la personne qui a tué Lloyd, dis-je. Si c'est Stevenson, je l'aurai.
-- Alors qu'est-ce que je lui dis quand il rappelera dans une demi-heure ?
-- Qu'un petit gros au cheveux poil de carotte vous a demandé des renseignements sur lui et que vous n'avez rien dit.
-- On vous gratte le dos, dit-elle lentement. Qu'est-ce qu'on obtint en échange ?
-- Des ongles bien limés.
-- Vpus allez nous dénoncer à la brigade des moeurs ?
-- Je connais un tas de putain, je réplique. Les plus honnêtes travaillent pour le fric, comme vous.
-- Vous n'allez pas nous dénoncez aux moeurs ?
-- Non. Mais pour Stevenson, c'est une autre histoire.
-- Merci, lieutenant. Un petit gros poil de carotte , c'est OK.
Elles me laisse arriver à la porte avant de lancer en choeur.
-- Hé, lieutenant !
Je me retourne et les vois côte à côte : elles se tiennent par les épaules. Delilah s'est débarrassé de sa tenue de femme de chambre et Jenny de son soutien-gorge et de son slip. Elles sont toutes les deux complètement nues.
-- Si jamais vous vous trouvez dans le quartier ... commente Jenny !
Mes jambes m'emportent loin de l'appartement, mon esprit s'y attarde encore un long moment. Le rôle de viande dans un sandwich noir et blanc semble offrir des variantes infinies.
Je sors de la ville et fais sept kilomètres jusqu'au dernier tronçon de l'autoroute an cours de construction, et j'arrive pour la fermeture du chantier. Les pelleteuses et autres machines géantes sont garées pour la nuit. Je trouve le contremaître - un certain McLean qui a l'air d'un salopard vachement coriace - et lui explique ce que je veux. Il se montre réticent, mais fini par accepter. Cinq minutes plus tard, je me trouve donc au milieu d'un groupe de gars qui me regardent comme si j'étais le clou d'une exposition de monstres, sans valoir pour autant le prix du billet d'entrée.
-- Je vous présente le lieutenant Weeler, annonce McLean. Il veut savoir si l'un de vous pourrait l'aider ?
-- Y-a-il parmi vous quelqu'un qui connaît un nommé Stevenson ? je demande, et j'obtiens pour toute réponse des regards vides d'expression.
Je le décris par le menu et obtiens le même résultat.
-- Quelqu'un est-il venu ici poser des questions sur son compte ?
Le silence est presque assourdissant. McLean le laisse s'appesantir pendant dix secondes environ, puis il hausse les épaules.
-- Et bien, voilà, lieutenant, dit-il. Je regrette mais personne ne peut vous aider.
-- Un certain Petrie est venu il y a quelques jours se renseigner au sujet de Stevenson, je reprends. Un jeune gars à moustache avec une jambe raide. Quelqu'un se souvient de lui.
Personne ne veut se souvenir apparemment.
-- Un homme a été assassiné, j'enchaîne. Puis une fille. J'ai trouvé son cadavre cet après-midi. Une jolie petite blonde, vingt trois ans à tout casser. Son agresseur l'a sauvagement violée avant de lui tirer une balle dans la tête. Ce Stevenson est peut-être dans le coup. (Je jette un regard circulaire sur les visages fermes) Personne ne se souvient de lui ?
-- Je devrais peut-être vous expliquer, comment était la fille quand j'ai découvert son cadavre. Vous avez l'air de gars capable d'apprécier. Elle était étendue sur le lit, nue les mains attachées dans le dos. Elle avait les seins lacérés et l'intérieur des cuisses tuméfié et couvert d'ecchymoses. Ses lèvres n'étaient plus qu'une bouillie à force d'avoir été mordues. Quand le salopard en a eu fini avec elle, il lui a appuyé son revolver sur le front et il a tiré. Elle l'a regardé faire jusqu'à lia fin, jusqu'au moment où la balle lui a fracassé le cerveau. (J'attends deux secondes avant de poursuivre.) En tout cas, merci de votre collaboration, bande de fumiers. Si c'est Stevenson qui l'a tué, il va sûrement apprécier votre attitude.
Un gars qui a l'air taillé dans le granit s'avance d'un pas...
Carter Brown présenté par Nettoue. La suite de Al Weeler le mardi 26 Mai. Demain, nous retrouverons, la suite et fin de < Tristan et Iseut > Merci mes amis et n'oubliez pas vos com et votez... Weborama. (C'est en dessous du chaton.)

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