Un polar à l'ancienne avec Al Weeler, suite n°12)
Après avoir questionné tous le petite monde de l'agence de détectives privés de < Lloyd et Cotlow >, y compris la secrétaire de Cotlow, Lynn Andrews et Petrie, un ancien du Vietnam qui débuta une enquête, reprise peu après par Lloyd, et qui fut celle où il trouva la mort, Al Weeler décide de se faire passer pour Petrie. Madame Stevenson qui en est à l'origine ne l'ayant jamais rencontré. Les réponses qu'elle donne au lieutenant sont pour le moins étonnantes. Et puis son mari qui devait être en voyage arrive à l'improviste...Madame Stevenson semble avoir vieillie de cinq ans en quelques secondes, en le voyant.Elle le fixe d'un regard incrédule, puis pousse un petit gémissement étranglé avant de tourner les talons et de rentrer dans la maison. Ça ne gêne pas son mari car il est manifestement ravi de concentrer toute son attention sur moi.
-- Je sais pas qui tu es et je m'en fous, déclare-t-il les dents serrées, mais je vais d'apprendre à fricoter avec ma bonne femme.
Le réflexe conditionné du flic se déclenche immédiatement chez-moi : dans le doute, s'abriter derrière son insigne.
-- Vous êtes Clyde Stevenson ? je demande d'un ton sec.
-- Parfaitement, nom de Dieu, et je vais te mettre en pièces détachées, mon pote. Quand j'aurai terminé, tu ne pourras peut-être jamais plus les ressouder !
-- Lieutenant Weeler, du bureau du shérif. (Je sors mon insigne et la lui colle sous le nez.) J'ai quelques questions à vous poser.
-- Vous...Quoi ?
Son visage se déforme de façon horrible, comme si un violent spasme interne le secouait.
-- Je suis très content que vous soyez de retour, monsieur Stevenson, j'enchaîne sèchement. Votre femme m'a dit que vous étiez en voyage pour quelques jours et je m'apprêtais à partir quand vous êtes arrivé. Qu'est-ce qui vous a fait changer d'avis ?
-- Vous êtes vraiment lieutenant de police ? marmonne-t-il.
-- Absolument. Quelle est votre profession, monsieur Steveson ?
-- Je suis reprèsentant de commerce.
-- Qu'est-ce que vous vendez ?
-- Écoutez, qu'est-ce qui se passe, bon Dieu ?
-- Qu'est-ce que vous vendez ?
Il secoue lentement la tête.
-- Je ne répondrai à aucune de vos questions, lieutenant, tant que je ne saurai pas pourquoi vous les posez.
Ça peut attendre, d'après moi. Qui sait quand sa femme va faire sa réapparition ? S'il y a bien une chose dont je n'ai pas envie en ce moment, c'est lui expliquer comment, de M. Petrie, enquêteur privé, je me suis transformé en lieutenant Weeler, du bureau du shérif.
-- Très bien, dis-je. Je reviendrai monsieur Steveson.
-- Mais enfin, bon Dieu, s'écrie-t-il d'une voix presque gémissante, de quoi s'agit-il ?
Je monte dans ma voiture, manoeuvre pour me dégager de la Fairlane et remonte l'allée jusqu'à la rue. Ce serait vraiment amusant d'écouter la conversation qui va se dérouler entre Steveson et sa femme, mais je ne vois vraiment pas comment m'y prendre. Je me mets donc à rouler au hasard dans Valley Heights. Finalement je me gare à environ deux cents mètres de chez les Lloyd et continue à pieds.( Ce n'est vraiment pas une amie, plutôt une voisine, a-t-elle dit. ) La première maison où je me pointe est vide. Dans la seconde, une dame affable entre deux âges m'indique celle d'à coté. Je le remercie courtoisement et vais sonner à la maison voisine. Trixie Hall, le petit modèle rencontré au bord de la piscine lorsque je suis venus annoncer à madame Lloys, la mort de son mari, m'ouvre la porte, vêtue d'une chemise rayée sans col qui arrive juste en haut de ses cuisses bronzées. Sous la chemise, son corps et rond et voluptueux. C'est le genre de petite blonde désirable qu'on a immédiatement envie de prendre dans ses bras.
-- Il s'appelle Al, dit-elle. Al Weeler, lieutenant de police. Je me rappelle. Êtes-vous venu chercher ma confession, Al ? Je n'ai pas encore fini de l'écrire.
-- Je me trouvais dans le quartier par hasard, dis-je.
-- Je parie que vous n'allez jamais nul part par hasard. Tout est soigneusement prévu. Entrez donc.
La maison est gaie et lumineuse, meublée avec une sorte d'élégance bohème. La blonde me précède, sa chemise virevolte autour de ses cuisses au ras de ses fesses. Elle s'assied sur le divan et je m'installe en face d'elle dans un fauteuil. Par un réflexe purement automatique, mon regard enregistre fugitivement un triangle de poils dorés quand elle croise les jambes et rabat sa chemise par dessus. Cette vision fugitive suffit néanmoins à éveiller ma libido.
-- Il fait encore grand jour, commence-t-elle d'un ton animé, je suppose donc que vous n'êtes pas venu m'attacher au lit avec vos menottes, pas vrai ?
-- Exact.
-- Je reconnais que c'était une plaisanterie idiote. Mettez-la sur le compte de mon émotion du moment.
-- Trixie Hall, dis-je. Il t a un monsieur Hall quelque part ?
-- Dans le temps oui, mais c'est terminé. Dieu merci. Nous avons divorcé il y a deux ans. Le gars que je lui avais mis aux trousses l'a surpris dans une situation compromettante avec un jeune homme bien sous tous les rapports qui se trouvait être son assistant au bureau. Très excitant comme scène, avec son pantalon autour des chevilles et le jeune Chris en train de lui faire un pompier après l'heure de fermeture. Comme j'ai été discrète, il s'est montré généreux. J'ai eu droit à la maison et à une pension confortable. Je suis maintenant une divorcée, proie facile pour le mâle en rut. C'est ce qu'ils croient, du moins. Ils ne se rendent pas compte que ce sont eux qui constituent pour moi des proies faciles. Il faut seulement que je n'oublie pas de prendre ma petite pilule tous les jours et c'est moi qui pars en chasse. Après tout, un mec par jour... Mais je ne suis pas une nympho, Al. J'ai simplement des besoins sexuels normaux. J'aime les hommes. Ou pour parler plus crûment, j'aime baiser.....
Carter Brown, présenté par Nettoue. La suite dimanche 10 Mai. En attendant mes amis, vous retrouverez < Juju, l'aigle borgne > demain. Et n'oubliez pas vos petits com. et cliquez sur le < panier du chaton > Merci

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