Airelle et Myrtille...Suite n°4 )

A n'y pas regarder de près, peu de choses, différencie les gens du château de Bois-aux-nids, avec ceux d'une grande maison bourgeoise, anoblie de frais, par l'achat d'une charge inventée par Richelieu, pour renflouer les caisses de l'état !
Les choses n'ont pas changées depuis, sauf, qu'on les appelle autrement
Souvent, cette noblesse de robe, à l'évidence riche, ( dame ! De bonnes assises,aident aux ascensions rapide ), s'handicapait les bons moments, à se vouloir égaler l'autre. La vraie ! Celle des croisades et des armoiries patinées !
Chez la noble dame Louise, on ne commerce pas, enfin pas directement. On vit de ses terres et des fiefs reçus en héritage, et sait s'entourer, de domestiques issus de familles ayant déjà beaucoup servi. D'une compétence reconnue et apte à faire vivre les maîtres, le plus douillettement possible ! Et pensant là, que s'était un bon moyen, on y échangeait ces belles qualités, contre des gages assez coquets !
Afin de préserver une hièrarchie de bon aloi, grands serviteurs et valetaille se cotoient peu, juste le temps, nécèssaire aux uns à donner des ordres aux autres. D'autres parts, les autres logeaient dans les communs, alors que les uns habitaient le corps de logis du château.
Exception, faite toutefois, de dame Joliette, qui en sa qualité d'ancienne gouvernante de Louise et d'Eloïse, et plus tard de Bertrand, avant qu'ayant l'âge d'un précepteur, le grand-père Florimond ne fit appel, au fils d'un baronnet ruiné, l'abbé de Vaux, retourné depuis, à son manoir cassé, en compagnie d'une jolie pension et de la chambrière préférée de Louise., occupe l'étage des châtelains.
Tôt le matin, surgit Guillemette, l'intendante de maison arborant déjà, en plus d'un de ses vastes tablier immaculé, une coiffe empesé, posée sur un chignon turbulent ! Avec en sus, la mine réjouie, de se savoir, arrière, arrière petite fille, d'une bergère, honorée jadis, le temps d'un galop, par le grand connétable Duguesclin, alors qu'il s'en revenait de déposer sa belle épouse Tiphaïne, dans le meilleur cachot de l'abbaye du Mont Saint-Michel, qu'il craignaît de voir enlever par les anglais.
Il se disait même à l'époque, que rassuré, par l'épaisseur des murs, le preux, se prit l'habitude de l'y laisser, avant chacun, de ses grands déplacements...
Arrive ensuite, Félicie la cuisinière, grincheuse et tatillonne exprès ! Dame ! Tant d'humeurs dépendent de son savoir... ! Un savoir tel, que l'on ne peut s'empêcher de saliver, rien qu'dis penser : c'est dire, si elle en profite pour obtenir ses exigences c'te vieille chèvre, qui n'hésiterait pas, à oublier d'éparpiller ses trompettes autour du gigot d'agneau ! Des agneaux élevés autour du Mont Saint-Michel, justement et qui broutent avec vue sur la mer ! Des trompettes disais-je, avant de sauter dans les moutons, cueillies à l'automne, dans la mousse et l'humus des alpes Mancelle ! Là, où elles sont le plus croquantes, et si parfumées, qu'on s'en affole les narines à trop vouloir se les emplir d'elles !
C'est dire, si on se la chouchoute, c'te vieille haridelle desséchée !
Puis Michette, la fille" d'Eloi le boulanger du château. C'est elle qui remplaça, au pied levé, lorsque l'autre le leva, la femme de chambre de madame la Marquise de Perceval ! Blonde et croustillante, comme du bon pain, elle doit son nom à la bonne odeur enroulée autour d'elle. Et la friponne, qui sait combien on aime à la respirer, suspend toujours, ses cotillons fraîchement lavés à proximité du four d'Eloi.
Des fois, que le petit Marquis, qu'elle adore à voix basse, se laisse prendre au piège des deux mignonnes brioches qui lui gonfle le décolleté !
Et, question , dame de l'entourage immédiat, reste Joliette, que l'on garde pour sa faim, sa soif, son mal ! Que l'on consulte plus souvent que le curé ou le médecin, lesquels s'en offusque bien sur, mais la consulte aussi, quand ils en ont perdu leur latin !
Parmi, l'élite de la domesticité, et en dehors de l'écuyer d'écurie, qui n'entre presque jamais dans le château, reste Julius, celui de la maison. C'est lui qui dirige, laquais, servantes, etc... Son oeil voit tout, et ses oreilles qu'il a en rapport avec l'ampleur de sa tâche, entend, jusqu'au saut des sauterelles en deçà de la cour principale.
Guillemette, est la seule à parvenir à lui faire prendre, des vessies pour des lanternes, car depuis, dix ans, qu'elle lui énerve le ventre, elle finit, par lui occuper l'âme et enrager le coeur, à force de lui refuser sa main !
...., P't'ête ben qu'oui, p't'ête ben qu'non, Julius faut voir... Et Julius de grogner, in petto ...
...., Tu vas voir s'que tu vas voir, à force d'à force, allumeuse !
Avant de s'en aller, gaudrioler plus loin, d'où il en reviendra, tellement assouvi, qu'il lui faudrait plus, que quelques tortillements de croupions, pour que son évasive, ait quelques chose de concret à s'y mettre !
Parce-qu'elle aime voler au monde, le réveil des choses, s'en nourrir seule, hors de voix, d'yeux, de souffle même, Louise suit d'assez prés le réveil de ses gens !
Petit-déjeune frugal, et part se délecter de ces instants de l'aube d'où nait un jour nouveau. Quelque soit l'importance de son quotidien, elle ne renonce jamais à sa promenade du point du jour ! Ne manque jamais, non plus de s'attarder ensuite, dans l'une ou l'autre de ses fermes. Sa seule concession à la prudence et pour rassurer le château, en ces temps troublés, Louise se laisse escorter par un valet dévoué et armé.
Ce jour là, les pas de son solide percheron, bien que n'étant point cheval de selle, mais qu'elle aime à promener sous elle, la conduisirent, en haut d'une petite colline, prôche' de Béru et dominant Arconnay, juste à la limite de ses terres, avec celle de François de Bouchet, seigneur de Malèffre, Avec une adresse née de l'habitude, Louise se laisse glisser à bas de sa monture, s'y adosse... De là elle se plaît à contempler, le formidable édifice issu d'un moyen-âge amélioré par la Renaissance...
A le regarder, elle se prit à rêver de ses souvenirs, en fit jaillir sans l'avoir voulu, des images qui s'accrochent à ses yeux, qu'elle ferme, pour les retenir, ou les caresser de ses paupières mouillées... Elle a seize ans, ce Juillet radieux....
A bientôt les amis et n'oubliez pas vos petits com et clics, merci... Et merci à Kri !

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