Un grognard de Napolëon: ( rencontre avec Nettoue )
Le maréchal de Marmont se discute le bout de gras avec l'Aiglon, (Duc de Reischstad), le fils de l'empereur exilé à l'île d'Elbe. Celui-ci fait partie de ceux qui l'on laissé choir...
D'espoir, je suis réenvahi, ,
Mais pourquoi, l'as-tu trahit ?
Nettoue
°°° C'est vrai ça, faux jeton !
Marmont
Nous étions fatigués...
Nettoue
°°° Oh! La mauvaise raison,
Tirée par le chignon !!
Un ancien grognard de la < grande armée >, déguisé en valet, pour se protéger le rejeton, s'avance, silencieux.

Le grognard
Et nous, les petits, les obscurs, les sans grade,
Nous, qui marchions, fourbus, fatigués, malades,
Sans espoir de duché, ni de dotations,
Nous, qui marchions, mais jamais, n'avancions...
Nettoue
Bien sur, Arsène, vous l'étiez tous, fatigués,
Mais nous aussi, sommes dans la panade,
A nous aussi, souvent on raconte des salades,
Aux tricheurs, fais leur donc, un pièd de nez !
Le grognard
Nous, qui par tous les temps, n'avons cesser d'aller,
Suants, sans avoir peur, grelotants sans trembler,
Ne nous soutenions plus, qu'à force de trompettes,
De fièvre et de chansons, qu'en marchant on répète !
Nettoue
C'est vrai, tu ne connaissais pas le baladeur,
Mais, je t'assure, il tient moins chaud au coeur,
Moi, je préfère, au naturel, les bons chanteurs,
Ceux, dont, la voix t'emporte dans les hauteurs !
Le grognard
Nous, sur lesquels, durant dix-sept ans, songez-y,
Sabres, sacs, tournevis, pierres à feu, fusils,
Ne parlons pas du poids inexistant, des vivres,
Ont fait le doux total, de cinquante six livres !
Nettoue
On a faim aussi, dans la monde d'aujourd'hui,
Là, où les poussins sont jetés hors des nids,
Là, où, ils ne peuvent se protéger de la pluie,
Là, où, ils ne trient dans la poubelle que débris !
Le grognard
Nous, qui pour arracher ainsi, que des carottes,
Nos jambes à la boue, énorme des chemins,
Devions les prendre, parfois à deux mains !
Nettoue
C'est vrai, Arsène, le générateur n'existait pas,
Alors, pas de couverture chauffante, de frigo,
Je reconnais que tes jours, n'étaient pas rigolo,
Mais ton < petit caporal >, il te tenait les bras !
Le grognard
Nous, qui n'avions le temps, quand un bel officier,
Arrivait au galop de chasse, pour crier,
L'ennemi attaque, il faut le repousser,
Que de manger un blanc de corbeau, sur le pouce !
Nettoue
La recette, cher Arsene, il faut me la donner,
Vu, les choses dites, aux journaux télévisés,
Elle peur servir, si vides sont nos bourses,
A demeurer,tout simplement, dans la course !
Le grognard
Que la nuit, n'avions pas peur des balles,
Mais de se réveiller, le matin cannibales !
Nettoue
La vache !!!, je dois te quitter, mon glorieux,
Je crois bien, que j'ai du lait, sur le feu !
(Extraits, une fois les interventions de Nettoue retirées, de < L'Aiglon, > d'Edmond Rostant.)
A demain mes amis. Merci de cotre fidèlité et n'oubliez pas combien vos commentaires son encourageants.
