Un grand moment de petite enfance, 11 ) et dernier.
Si vous aviez vu, comme elle s'était faite belle, pour le grand jour !Touts les sous économisés, jour, après jour, en s'allant lessiver pour les voisins, dans la buanderie du 13) ! Là, où l'on posait une énorme lessiveuse sur un trépieds de fonte, faisant office de réchaud, pour y chauffer l'eau en y mettant du bois par en dessous.
Pour commencer, elle nous avait < remis à neuf >, et puis, grâce à notre insistance, elle s'était achetée une robe, bleu roi avec des petits avions jaunes. et puis elle s'était rajeunit le chapeau, malmené lors de l'arrivée de l'armée d'occupation,.
Les violettes qui l'avaient ornées, bien que je les aient repeinte, l'année précédente avec ma peinture d'école furent remplacées par une grappe de raisin, achetée dans la petite mercerie de la rue de Dole.
Le grand calme qui succédant aux huit jours de combat entre, d'une part les allemands qui se repliaient du coté de Dole et de Dijon, en occupant sur leur passage toutes les écoles, et de l'autre les américains qui arrivaient par Baume-les-dames, c'est à peine si on y croyait vraiment !
Nos parents bêtement en vacances en zone libre, n'avaient pu nous être d'aucun secours, personne ne pouvant passé, et ce fut avec nos voisins avec lesquels nour partagions tout depuis trois ans, c'est à dire, presque rien, que nous avons manger les nouilles... de vilains machins gris et collants, distribués peu avant par la < Crois Rouge >.
Et puis il y avait Didier qui, s'en est aller pour de bon, il y a dix ans, des suites d'une saloperie de maladie, se risquait, le soir, du haut de ses treize ans, avec son copain Ricardet, à s'aller ramasser le pain laissé par les allemands pendant leur débandade.
..., J'apporte, de quoi poser les nouilles, nous disait-il, un rien fanfaron !
De cet instant précis, je me souviens aussi, d'une amie de mon père, venue nous apporter des bretzels, du genre de celle qui failli étouffer, le président Bush, au début de son régne raté... En pire, mais le geste était là, et le courage aussi !
Vous l'avez compris, n'est-ce-pas, que notre remise à neuf et la belle robe neuve de ma Lina de Bussière-sur-l'ognon, étaient pour aller regarder défiler l'armée de libération américaine...
Sur le visage de ma grand-mère, depuis des mois déjà, on ne voyait plus que ses yeux verts immenses, magnifiques, et les cernes mauves , qui en les soulignants, en accentuaient la profondeur.. De fines rides, aussi, striant sa peau brune de paysanne franc-comtoise..
Ce jour là, en la voyant rayonner de partout, je compris brusquement, combien elle avait fait d'efforts, pour nous cacher sa fatigue et sa peur . Je compris aussi que ses grands rires, mêlés à ses souvenirs de jeunesse cachaient , de gros sanglots., ! Que ses familiers < Faut les coeurs les enfants, demain, il fera jour, > se voulait dire ( Seigneur, protégez-les )
Ils ont défilés le long de la rue de Dôle, avec une musique cachée sous les applaudissements et les cris de joie ! En nous lançant aussi, des chewing-gum et des biscuits enveloppés dans des drapeaux américains en papier ! et .. Que je vous raconte.
C'est arrivé devant la pharmacie Cretet, où un groupe de personnes surexcitées faisaient barrage aux militaires, afin de leur tendre les jeunes enfants à embrasser.. Comme ça, en offrande, en remerciements !
Alors, ma Lina a voulu faire pareil avec Louisette. Le soldat s'est penché en avant, et son casque mal attaché, s'est propulsé comme une torpille.... sur mon crâne!
Trente six chandelles !!! Ouille ouille ! Mais je suis repartie avec le casque qu'il m'a donné et plein de gâteries dedans...
a bientôt mes amis et n'oubliez pas que si l'on ne se voit pas, on s'entends si bien !
Petits com. Et petits clics... merci
Nettoue
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